L’écran Nothing Projector ALR Longue focale promet de transformer un simple vidéoprojecteur en véritable installation home cinéma, même dans une pièce de vie. Pensé pour les projecteurs longue focale et standard, en voici nos impressions.

Nothing Projector s’est fait un nom en quelques années dans le petit monde du home cinéma grâce à une gamme d’écrans ALR (Ambient Light Rejection – Rejet de la lumière ambiante) dédiés aussi bien aux vidéoprojecteurs ultra courte focale qu’aux modèles longue focale, motorisés ou fixes, qui visent clairement les passionnés souhaitant tirer le maximum de leur projecteur sans transformer leur salon en cave noire.
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Notez aussi que le site propose des vidéoprojecteurs de différentes marques, parmi les meilleures, dont Formovie, Valerion, Xming ou Awol Vision, pour ne citer qu’eux.
Avec cet écran ALR Longue focale disponible en version 100, 120 ou 130 pouces, le site s’adresse aux utilisateurs de projecteurs dits « classiques » ou standard, qui souhaitent profiter d’une base d’image confortable dans une pièce de vie où l’on ne peut pas toujours contrôler totalement la lumière, mais sans sacrifier pour autant la qualité d’image, le contraste et la lisibilité des scènes sombres.
Techniquement, la toile s’appuie sur un matériau lenticulaire multi-couches spécialement optimisé pour rejeter jusqu’à 95% de la lumière ambiante tout en conservant une luminance suffisante à partir d’un projecteur de 2000 lumens ANSI ou plus.
L’idée est de proposer une toile sérieusement aboutie (gain modéré, large angle de vision, compatibilité 3D/4K/8K et surface entièrement tensionnée) à un tarif légèrement inférieur à certaines références plus établies. Après le test de l’écran motorisé Nothing Projector Black Series, voyons ce qu’il en est exactement pour ce modèle.
Design et installation
Contrairement à un simple rouleau de toile blanche basique, l’écran Nothing Projector ALR Longue focale mise sur une structure fixe entièrement tensionnée, avec un cadre en aluminium relativement fin qui donne tout de suite une impression de produit sérieux une fois fixé au mur, très proche de ce que l’on retrouve sur des écrans de marques historiques du home cinéma. Il est livré dans un carton relativement compact en hauteur et en profondeur ne pouvant pas faire fi de sa largeur.

L’assemblage demande un peu de soin pour obtenir un résultat parfaitement aligné, notamment lors de la mise en place de la toile et de la tension des bords.
Cela ne représente pas de problème particulier. Si vous constatez quelques petites vagues, notez qu’il est possible de le démonter pour optimiser la tension.
Pas besoin d’être un fin bricoleur pour arriver à ses fins. Comptez environ une heure et quart entre le moment du déballage et l’écran totalement monté.
La première étape consiste à assembler le cadre en aluminium au sol, en veillant à ce que les angles soient parfaitement à 90 degrés, ce qui conditionnera la planéité finale de la toile une fois celle‑ci mise en tension. Le cadre est constitué de plusieurs éléments à fixer les uns aux autres.

Il y a un renfort au milieu afin de maintenir les parties hautes et basses parfaitement droites.

Installation ecran Nothing Projector ALR longue focale // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Installation ecran Nothing Projector ALR longue focale // Source : Sylvain Pichot – Frandroid
Il faut ensuite déplier et positionner la toile sur le cadre en respectant le sens de la structure lenticulaire, la surface étant optimisée pour des projecteurs longue focale placés face à l’écran.

Vient alors le travail de tension proprement dit, qui consiste à accrocher la toile au cadre via un système d’attaches (ressorts) réparties tout autour de la périphérie. C’est une étape un peu physique, mais indispensable pour obtenir une surface parfaitement lisse qui ne trahira aucune ondulation lorsque la lumière du projecteur balaiera l’image.

Installation ecran Nothing Projector ALR longue focale // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Installation ecran Nothing Projector ALR longue focale // Source : Sylvain Pichot – Frandroid
Enfin, on termine l’assemblage de l’écran par la fixation des bords et le placement de 4 coins pour parfaire l’ensemble.

Restera l’accroche murale qui dépendra du support. Les fixations murales livrées (au nombre de 4) sont robustes, avec des points suffisamment larges pour assurer une bonne stabilité même sur la plus grande diagonale, à 130 pouces.
Une fois assemblée, la surface de projection apparaît parfaitement plane mis à part quelques légères ondulations dans la partie inférieure gauche et le coin droit. Il est essentiel qu’il n’y en ait pas pour préserver la netteté d’une projection Ultra HD et éviter les déformations visibles. Toutefois, tout dépendra de votre niveau d’exigence… Si vous n’êtes pas satisfait, redémontez le cadre avant et recommencez la tension de certains ressorts.

Le cadre noir de 1 cm joue aussi un rôle fonctionnel puisqu’il sert de masque si l’image déborde légèrement. En outre, cela permet également d’améliorer la perception du contraste et facilite le cadrage du zoom du projecteur, tout en donnant visuellement l’impression d’un très grand téléviseur accroché au mur.
Cela rend l’intégration plus acceptable dans un salon que certains écrans à bords plus épais. Les finitions générales du châssis sont cohérentes avec le prix demandé. Les jonctions sont correctement ajustées, les angles sont propres.
L’épaisseur globale reste contenue. L’écran fait environ 2,5 cm d’épaisseur limitant ainsi l’effet « bloc ». Comptez sur des dimensions de 124,5 x 221,4 cm pour la version de 100 pouces, de 149,4 x 265,6 cm pour le modèle de 120 pouces et de 161,9 x 287,8 cm pour la plus grande version.
Une phase de (re)calibrage nécessaire
Après fixation, il est recommandé de procéder à un recalibrage complet du projecteur, car la toile ALR modifie le comportement global du système. En effet, la gestion de la luminosité, du contraste, de la teinte des blancs et du gamma doit être ajustée pour tirer pleinement parti du gain 0,8 et de la capacité de rejet de lumière ambiante. Certains vidéoprojecteurs permettent de configurer l’appareil selon le gain de la toile, directement dans les menus, le cas échéant.
Cette phase de recalibrage est relativement importante, particulièrement si vous venez d’une toile blanche classique ou d’un mur peint, car la différence de rendu peut être spectaculaire, notamment sur les noirs et les détails dans les zones sombres ; dans notre cas, quelques heures passées à régler le projecteur ont suffi pour obtenir une image très équilibrée, aussi bien avec des sources Blu-ray que via les applications de streaming.
Il faut également tenir compte de la hauteur de l’image par rapport au regard : la technologie ALR utilisée ici fonctionne au mieux lorsque les yeux se situent à proximité du centre vertical de la toile, ce qui implique de ne pas installer l’écran trop haut si l’on veut maintenir une uniformité de luminosité et de colorimétrie sur l’ensemble de la surface.

Une fois ces différents paramètres maîtrisés, l’usage au quotidien devient extrêmement simple, le plus gros du travail d’installation étant concentré sur ces premières heures de montage et de réglages.
L’image en mode subjectif
Sur le plan purement subjectif, la différence entre l’écran Nothing Projector ALR Longue focale et un mur blanc ou une toile standard apparaît immédiatement dès les premières images. Cela est tout particulièrement visible sur les contenus SDR où l’on perçoit un gain de contraste et une densité générale de l’image qui transforment littéralement la scène.
Comme évoqué un peu plus haut, la technologie employée repose sur un matériau lenticulaire multi-couches à base de PET (Polyéthylène Téréphthalate), avec une structure en dents de scie. C’est là que réside toute la « magie » de ces écrans.

En effet, celle-ci est conçue pour capter la lumière provenant du projecteur et rejeter une large partie de celle issue des sources ambiantes, qu’il s’agisse d’une fenêtre latérale ou d’un plafonnier.

En pratique, cela se traduit par des noirs beaucoup plus profonds, une meilleure séparation des niveaux de gris et de la lisibilité des détails dans les ombres, même en laissant une lampe allumée dans le salon.
Automatiquement, les couleurs gagnent elles aussi en saturation perçue, sans basculer dans un rendu artificiel si l’on reste sur un mode d’image neutre. Les teintes de peau, les paysages naturels ou les scènes urbaines nocturnes profitent ainsi de cette dynamique renforcée, qui donne l’impression d’un écran plus lumineux qu’il ne l’est réellement, le gain de 0,8 étant judicieusement choisi pour préserver le contraste.

Rappelons qu’un gain de 1 renvoie exactement la lumière du vidéoprojecteur. Au-dessus, c’est plus et en dessous, le spectateur aura une perception moindre de la luminosité offerte par le diffuseur.
Si vous passez votre vidéoprojecteur en mode d’image cinéma ou Filmmaker – ce que nous recommandons vivement – l’image conserve sa douceur et sa chaleur, mais gagne en profondeur grâce à la toile. En cas d’utilisation d’un mode plus dynamique (couleurs vives, standard ou sport, par exemple), souvent utilisé pour les contenus sportifs ou les émissions en pleine journée, vous avez une image qui apparaît moins délavée que sur une surface blanche classique, même si l’on ne peut évidemment pas défier un ensoleillement direct sans compromis.
Sur les sources HDR, la toile aide à préserver le punch des hautes lumières tout en maintenant des noirs crédibles, ce qui donne une impression de relief très agréable dans les scènes à forte dynamique, comme les reflets de néons sur une route humide ou les séquences spatiales où coexistent zones très lumineuses et recoins obscurs.

Lors de séances depuis des plateformes de streaming, les films et séries 4K HDR conservent une belle lisibilité même lorsque la pièce n’est pas totalement plongée dans le noir, avec des sous-titres bien détachés, des blancs qui ne brûlent pas et une colorimétrie globalement cohérente, pour peu que le projecteur soit correctement réglé.
En journée, avec des rideaux partiellement fermés mais sans obscurcissement total, l’écran Nothing Projector se montre capable de maintenir un contraste perçu très supérieur à celui d’un écran blanc, rendant possible la consommation de contenus plus variés (séries, YouTube, événements sportifs) là où l’on aurait auparavant renoncé à allumer le projecteur.
Évidemment, le résultat dépendra de la puissance lumineuse du projecteur utilisé et de la taille de l’écran choisie, mais dans la configuration 100-120 pouces recommandée avec un projecteur d’au moins 2000 lumens ANSI, l’expérience reste très convaincante et permet d’envisager l’écran comme alternative crédible à un grand téléviseur pour un usage mixte.
La toile ne masque pas pour autant les défauts d’une source médiocre ou d’un projecteur mal réglé : les artefacts de compression, le bruit vidéo ou une colorimétrie approximative restent visibles, voire plus.
Par rapport à un écran blanc
Ce modèle permet de mieux limiter les sources de lumière environnantes qu’il s’agisse d’une source extérieure ou intérieure. Si des lampes sont directement orientées vers la toile (ce que nous ne recommandons pas), il ne pourra pas faire grand-chose mais, quelle que soit la configuration et notamment si les sources proviennent de fenêtres ou de spots installés dans la pièce, le résultat sera meilleur qu’avec une simple toile type écran blanc. En effet, celle-ci n’a pas les microstructures pour diminuer les sources de lumière ambiante.
Alors oui, le rendu sera peut-être légèrement moins lumineux au niveau de l’image elle-même à cause du gain (inférieur ici par rapport à une toile blanche qui a un gain de 1), mais les scènes seront plus contrastées avec un meilleur rendu des couleurs et, surtout, vous pourrez utiliser votre vidéoprojecteur même en journée ou avec un certain éclairage dans la pièce. C’est notamment pour cela qu’un tel produit doit, de préférence, être associé à un vidéoprojecteur le plus lumineux possible.
Enfin, petit rappel, ce modèle est conçu pour des vidéoprojecteurs à focale classique ou longue, donc à placer a minima à côté, voire derrière soi. Pour des vidéoprojecteurs à ultra courte focale, qui s’installent à quelques centimètres du mur, des toiles spécifiques sont nécessaires. En effet, celles-ci disposent d’une microstructure différente qui renvoie la lumière du vidéoprojecteur (situé en dessous) vers le spectateur.
Date de sortie et prix
L’écran Nothing Projector ALR Longue focale est disponible pour un prix de 854 euros pour la version de 100 pouces en diagonale, de 1044 euros si vous préférez avoir une diagonale de 120 pouces et comptez 1139 euros pour 130 pouces.
Vous pouvez notamment le trouver sur Amazon.