Le Xgimi Titan, officiellement dévoilé lors de l’IFA 2026, représente un virage important pour la marque chinoise, qui s’était jusqu’ici surtout fait connaître avec ses modèles « lifestyle » compacts comme les gammes Halo, MoGo ou Horizon 20. Avec ce nouveau vidéoprojecteur 4K laser, Xgimi vise désormais les amateurs de vrai home cinéma, ceux qui veulent projeter une image géante sur une toile fixe, dans une salle dédiée ou un salon soigneusement optimisé.

Ici, il n’est plus question de gabarit mini ou de projecteur à trimballer d’une pièce à l’autre, mais d’un châssis imposant, rigide, taillé pour rester en place. Sur le papier, l’ambition est claire : rivaliser avec les références du segment que sont Sony, JVC, Epson ou Optoma sur le terrain du cinéma à domicile, tout en restant basé sur une architecture DLP moderne.

Pour aller plus loin
Quels sont les meilleurs vidéoprojecteurs en 2026 ? Notre sélection

La fiche technique du Xgimi Titan est particulièrement alléchante puisqu’on trouve une puce DLP Texas Instruments de 0,78 pouce, nettement plus grande que les habituelles matrices 0,47 pouce, couplée à la technologie XPR pour afficher une image en définition simulée 4K UHD et pouvant dépasser largement les 2,5 m de base. L’appareil s’appuie sur un système double laser avec roue au phosphore, annoncé à 5000 lumens ISO compatible HDR10, HDR10+, Dolby Vision, IMAX Enhanced et embarquant un mode Filmmaker.

Sur le plan purement home cinéma, le Titan est clairement pensé pour une installation fixe : zoom optique, lens shift motorisé vertical et horizontal, connectique complète pour l’intégration domotique. En contrepartie, Xgimi a fait l’impasse sur les fonctions Smart TV.

Face à lui, on trouve des concurrents sérieux comme certains modèles laser d’Epson en 4K « pro-UHD », des références SXRD de Sony Bravia 7 ou D-ILA de JVC DLA-NZ500. Reste à voir si, en usage concret, il parvient à justifier ses ambitions et son prix de lancement d’environ 3 999 euros, qui le place dans le haut du panier des vidéoprojecteurs grand public.

Xgimi TitanFiche technique

Modèle Xgimi Titan
Type de focale Longue
Définition de l’image Ultra HD (simulée)
Technologie DLP
Luminosité (ISO) 5000 Lumens
Compatibilité HDR HLG, Dolby Vision, HDR10+
Nombre de ports HDMI 2
ALLM Oui
Fiche produit

Conditions du test

Le vidéoprojecteur Xgimi Titan testé nous a été prêté par la marque. Il a été testé en association avec un écran Lumene Movie Palace UHD Platinum 300C. Les mesures ont été réalisées avec du matériel professionnel adapté et en face de l’écran afin de limiter les erreurs et de proposer des valeurs en accord avec ce que le spectateur peut réellement voir. Ce protocole est identique pour tous les tests de vidéoprojecteurs à ultra-courte focale afin de pouvoir les comparer.

Xgimi Titan​Design, un vrai « titan »

Le Xgimi Titan adopte un design qui tranche nettement avec les petits cubes lumineux auxquels la marque nous avait habitués. Il est aussi clairement différent des autres vidéoprojecteurs actuellement disponibles sur le marché.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

On salue le châssis rectangulaire massif et original, posé sur quatre pieds métalliques qui surélèvent légèrement le projecteur pour assurer une excellente stabilité sur une étagère ou un meuble, tout en facilitant le montage au plafond en retirant simplement ces supports.

L’ensemble respire le sérieux avec un plateau supérieur texturé façon cuir et une large couronne en aluminium autour de l’optique, ce qui donne immédiatement une impression de produit premium pensé pour rester à demeure dans une installation.

Les dimensions, 441 x 345 x 158 mm pour environ 11,5 kg, rappellent qu’on est sur un appareil orienté home cinéma fixe, mais le gabarit reste contenu au regard de la puissance lumineuse disponible, surtout quand on le compare à certains concurrents encore plus imposants notamment chez Epson, Optoma, Sony ou JVC.

La façade est entièrement recouverte d’un tissu acoustiquement transparent derrière lequel se cachent les haut‑parleurs intégrés, ce qui permet de conserver une ligne sobre sans multiplier les grilles visibles.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

La façade est entièrement recouverte d’un tissu acoustiquement transparent derrière lequel se cachent les haut‑parleurs intégrés, ce qui permet de conserver une ligne sobre sans multiplier les grilles visibles.

La partie supérieure est particulièrement soignée, avec une finition agréable au toucher et une identité visuelle cohérente, bien plus proche d’un appareil hi-fi ou d’un amplificateur home cinéma que d’un simple vidéoprojecteur de salon.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Cela se ressent dès le déballage, où Xgimi a prévu une protection en mousse pour l’optique lors du transport que l’on remplace ensuite par un module de protection vitré qui vient se visser à l’avant, renforçant la sensation de manipuler un matériel haut de gamme.

​Les quatre pieds métalliques réglables en hauteur sont un autre détail bienvenu car ils permettent non seulement de stabiliser parfaitement le Titan sur un meuble, mais aussi d’ajuster finement l’horizontalité pour limiter les corrections numériques.

Une fois retirés, le châssis se prête naturellement à une installation au plafond, où l’on profite pleinement de son format relativement compact pour cette catégorie de projecteur très lumineux.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Sur le flanc et à l’arrière, la ventilation est intégrée de façon discrète avec des ouvertures qui ne cassent pas les lignes générales de l’appareil.

Enfin, Xgimi a eu la bonne idée d’intégrer quelques boutons physiques de base directement sur le châssis, sous le panneau de connectique, à l’arrière. Ils sont ainsi parfaitement accessibles même si l’appareil est accroché la tête en bas, au plafond.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Ils permettent de mettre sous tension, de naviguer chichement dans les menus et de valider certaines opérations sans avoir à dépendre systématiquement de la télécommande, ce qui est toujours appréciable en phase d’installation ou en cas d’oubli de la zapette.

L’ensemble compose un design très cohérent : ni ostentatoire ni minimaliste à outrance, mais clairement orienté vers une utilisation home cinéma sérieuse, avec des choix esthétiques et pratiques qui accompagnent bien les ambitions techniques du produit.

Xgimi TitanConnectiques

Toutes les connectiques du Xgimi Titan sont regroupées à l’arrière, dans un bandeau qui reflète clairement sa vocation home cinéma. On y trouve deux entrées HDMI 2.0, dont une compatible eARC pour le retour audio multicanal vers une barre de son ou un amplificateur home cinéma, ce qui est désormais indispensable si l’on veut profiter du son Dolby Atmos ou DTS-HD à partir d’un lecteur Blu‑ray UHD ou d’un boîtier de streaming.

Le nombre de prises HDMI peut sembler limité sur le papier, mais dans une installation typique, on utilise de toute façon un ampli audio‑vidéo ou à minima une barre de son qui centralise toutes les sources, avant d’envoyer un seul câble vers le projecteur, ce qui relativise cette restriction.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

À côté des HDMI, le Titan propose deux ports USB, un en 3.0 et un en 2.0, permettant de brancher une clé ou un disque externe pour lire directement des contenus multimédias via le lecteur intégré. On retrouve également une sortie audio numérique optique, une sortie mini‑jack pour un système audio analogique ou un casque, un port Ethernet RJ45 pour une connexion réseau filaire stable et une prise RS232 destinée aux intégrations domotiques ou aux systèmes de pilotage personnalisés.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

La partie réseau ne se limite pas à l’Ethernet, puisque le Titan embarque également du Wi‑Fi pour les mises à jour et certaines fonctions de lecture réseau, même si, en l’absence de véritable plateforme Smart TV intégrée, ce module ne sert pas à accéder directement aux services de streaming. Cette absence d’interface « TV connectée » pourra surprendre les habitués des vidéoprojecteurs plus grand public, mais elle est finalement cohérente avec une approche très home cinéma puisqu’on laisse cette mission à des sources externes plus souvent mises à jour, comme un lecteur multimédia, un boîtier Apple TV, une Nvidia Shield TV ou une console dernier cri.

Le bloc d’alimentation est intégré dans le châssis, ce qui évite de devoir cacher un gros transformateur externe et simplifie le câblage, surtout dans le cas d’un montage au plafond.

La télécommande

La télécommande fournie avec le Xgimi Titan est la même que les modèles haut de gamme de la marque, avec une finition métallique qui inspire immédiatement confiance et un format compact mais suffisamment allongé pour offrir une bonne prise en main. Finalement la seule différence est l’absence de touches dédiées aux plateformes de streaming.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le poids est bien réparti, les touches tombent naturellement sous le pouce et l’on n’a jamais l’impression de jongler avec un accessoire trop léger ou trop creux, ce qui compte dans une salle obscure où l’on manipule souvent à l’aveugle. On trouve ainsi des touches dédiées aux réglages automatiques, à la mise au point et surtout aux modes d’image, avec quatre boutons permettant de basculer rapidement d’un profil Standard à un profil Film, Vif ou TV selon le contenu visionné.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

La télécommande fonctionne en Bluetooth, ce qui évite d’avoir à viser précisément le projecteur, un point appréciable lorsque ce dernier est installé au plafond ou en fond de salle. Elle bénéficie également d’un rétroéclairage malheureusement seulement partiel.

Autre point perfectible : la télécommande repose sur des piles AAA classiques, là où certains concurrents adoptent désormais des batteries rechargeables en USB‑C ou des solutions hybrides avec capteur solaire intégré.

Xgimi TitanL’écran

Le vidéoprojecteur Xgimi Titan est livré sans écran. Cela laisse le choix, mais si le budget est limité, on peut aussi être tenté de l’installer sans écran (en se servant d’un mur comme surface de projection) et donc perdre le bénéfice (relativement important) d’avoir une surface optimisée pour la projection. Comptez entre 500 et 2 700 € environ pour des écrans de différentes tailles dont la surface profite d’un traitement spécifique.

Lien YouTube S’abonner à Frandroid

Xgimi Titan​Installation

L’installation du Xgimi Titan repose sur une optique à focale classique avec un zoom 1,2‑1,8:1 et un lens shift motorisé particulièrement généreux. En pratique, cela signifie qu’on peut placer le projecteur sur une étagère ou une tablette en fond de salle, ou l’accrocher au plafond à plusieurs mètres de l’écran, tout en ajustant précisément la position de l’image sans déplacer physiquement l’appareil. Le lens shift vertical permet une correction de ±100%, et le lens shift horizontal ±40%, ce qui offre une marge très confortable pour composer avec les contraintes de la pièce, qu’il s’agisse d’un écran déjà installé ou d’un mobilier imposant.

Les réglages de zoom, de mise au point et de lens shift sont motorisés et accessibles depuis la télécommande, avec des menus dédiés qui permettent de cadrer (très) précisément l’image dans les limites de l’écran. Le calage s’effectue en quelques secondes car il suffit de jouer avec le zoom et la fonction de décalage depuis la télécommande pour trouver une image parfaitement adaptée à un écran (idéalement), y compris sur une base de 3 m (taille de notre écran de test).

Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le Titan intègre également des capteurs de proximité de part et d’autre du châssis qui interrompent la projection lorsqu’une personne passe trop près du faisceau, afin de protéger les yeux. Dans la pratique, ces capteurs se montrent un peu trop sensibles et coupent l’image dès qu’on circule près du projecteur, même en restant en dehors de l’axe direct du faisceau. Heureusement, on peut désactiver cette fonction.

En résumé, le Xgimi Titan s’installe comme un vrai projecteur home cinéma : idéalement de façon permanente, avec un soin particulier apporté au placement et aux réglages optiques, mais sans réelle difficulté technique.

Xgimi TitanL’image en mode subjectif

Sur le plan purement subjectif, le Xgimi Titan s’est montré particulièrement convaincant, notamment par sa manière de gérer la lumière et la précision sur les grandes bases d’image. La combinaison de la puce DLP 0,78 pouce et de la source double laser au phosphore donne une impression d’image dense, extrêmement lisible, avec un piqué très marqué mais qui ne bascule pas dans l’excès de sur‑accentuation. L’avantage d’avoir une puce 0,78 pouce, c’est sa capacité à proposer une image plus stable et plus précise par rapport aux autres modèles qui sont dotés d’une puce 0,47 pouce.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Les motifs de test montrent des lignes fines reproduites avec beaucoup de netteté, des chiffres et des lettres parfaitement détourés et une homogénéité très appréciable du centre jusqu’aux bords de l’écran. Alors oui, on reste sur une image avec une définition Ultra HD simulée mais de très bonne qualité, utilisant le traitement XPR qui déplace extrêmement rapidement la matrice pour donner l’illusion d’une meilleure définition.

En usage réel, sur des films et séries en Ultra HD, cela se traduit par des textures de peau, de tissus ou de décors très détaillées, sans halo coloré ni aberration visible, ce qui participe beaucoup à la sensation de réalisme. Merci à la qualité du bloc optique qui est installé ici permettant d’offrir une excellente précision sur toute la surface de la toile, jusque dans les coins.

Xgimi propose plusieurs modes d’image qui influent fortement sur le rendu global : Film, TV, Standard, Vif, Sport, Filmmaker et Performances. Les profils Standard, TV ou Sport ont tendance à tirer un peu trop froid et à exagérer légèrement le contraste pour flatter un œil peu exigeant, au détriment d’une certaine naturalité.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

À l’inverse, les modes Film, Filmmaker ou IMAX Enhanced offrent une base nettement plus équilibrée pour un usage cinéma, avec des couleurs plus nuancées, une dynamique mieux contrôlée et un rendu global doux sans perte de détails. Après quelques essais, le mode Film donne une image particulièrement cohérente avant même toute calibration poussée, le cas échéant.

Les contenus SDR bénéficient alors d’une image confortable, stable, avec une bonne lisibilité dans les ombres et des tons chair crédibles, à condition de réduire légèrement la puissance lumineuse dans une salle totalement obscure pour éviter une sensation d’image trop « éclairée ».

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

C’est toutefois sur les contenus HDR et Dolby Vision que le Titan marque une vraie différence avec la majorité des vidéoprojecteurs que l’on croise habituellement. En lançant des films comme 1917, Dune: Part Two ou Top Gun: Maverick depuis un lecteur Blu‑ray UHD, on ressent immédiatement que la réserve de lumière permet au HDR de s’exprimer enfin de façon convaincante sur très grande image. Les détails dans les hautes lumières, les reflets métalliques, les sources lumineuses ponctuelles ou les explosions conservent du relief sans forcer exagérément la courbe de contraste, tandis que les zones sombres restent suffisamment lisibles pour ne pas basculer dans un voile gris uniforme.

Le Titan parvient ainsi à maintenir une dynamique globale qui évoque davantage un grand téléviseur haut de gamme qu’un vidéoprojecteur classique, surtout lorsqu’on l’associe à un écran technique au gain modéré qui renforce encore la perception des noirs.

Notez que Xgimi propose un véritable « double iris » sur une nouvelle déclinaison du Titan, le Titan Noir Max. Celui-ci est doté, en outre, d’une puce 0,47 pouce mais doit offrir, nous verrons lors d’un test complet, grâce à son diaphragme dynamique un approfondissement des noirs dans les scènes sombres et une plus grande ouverture dans les séquences très lumineuses pour préserver la dynamique et les pics de luminosité. Officiellement, pour le Titan Noir Max, Xgimi communique sur un taux de contraste de 10 000:1…

Avec le Titan « classique », la colorimétrie, une fois bien choisie dans les bons modes, se montre très plaisante au quotidien. Les films profitent de couleurs riches sans excès, avec des verts et des rouges suffisamment saturés pour donner de la vie à l’image, mais sans tomber dans la démonstration artificielle de certains triples lasers RGB très agressifs. Le Titan propose une forme de douceur « cinéma », une image posée, stable, qui se laisse oublier au profit du contenu, ce qui est exactement ce que l’on attend d’un appareil orienté salle dédiée.

Sur des séries et films en streaming (via une source externe), cette signature se retrouve : bonne lisibilité, piqué marqué sans bruit excessif, couleurs agréables et un HDR mieux contenu que sur des modèles moins lumineux qui peinent à suivre la cadence.

La profondeur des noirs reste perfectible face à certaines références à matrices réflectives, mais le compromis global est très solide, surtout si l’on soigne le choix de l’écran et la maîtrise de la lumière ambiante.

Notez qu’il est possible, dans les menus, d’appliquer un effet de correction dynamique du niveau de noir. Cette fonction est particulièrement bien pensée, efficace et permet de compenser les potentielles dérives colorimétriques du laser évitant d’avoir à sacrifier les couleurs au détriment d’un taux de contraste plus important.

La compensation des mouvements

La gestion des mouvements sur le Xgimi Titan demande un minimum d’attention, en particulier avec les contenus cinéma tournés en 24p. Avec la compensation désactivée, on observe un effet judder assez perceptible lors des panoramiques lents, typiques de nombreux films, avec de petits à‑coups qui peuvent gêner les spectateurs sensibles à ce phénomène. Xgimi propose heureusement une fonction de compensation d’images accessible dans les menus et disponible aussi bien en SDR qu’en HDR. Dès que l’on active ce traitement, l’amélioration est nette : en mode intermédiaire, les travellings gagnent en fluidité, les déplacements de caméra deviennent plus réguliers et l’on retrouve une sensation de continuité beaucoup plus agréable à regarder.

Il faut toutefois veiller à ne pas pousser trop loin les curseurs, car le mode le plus élevé tend à produire un effet « caméscope » prononcé, peu compatible avec une restitution respectueuse de l’intention cinéma. Dans la pratique, selon nous, le réglage moyen représente un bon compromis.

L’effet arc‑en‑ciel

Le Xgimi Titan reste un vidéoprojecteur DLP et, à ce titre, l’effet arc‑en‑ciel n’est pas totalement absent, même si la combinaison de la grande puce 0,78 pouce et de l’architecture double laser au phosphore limite son apparition. Sur les scènes très contrastées, avec des sous‑titres blancs sur fond noir ou des objets lumineux se détachant sur des arrière‑plans sombres, il est possible de percevoir, pour les personnes les plus sensibles, de légères franges colorées lors des mouvements rapides des yeux. Lors des séances de test, cet effet s’est montré assez discret et n’a pas gâché l’expérience, même sur des contenus aux contrastes marqués.

​Rappelons que la perception de l’effet arc‑en‑ciel reste très subjective : certains spectateurs n’y prêteront jamais attention, quand d’autres y seront immédiatement sensibles. Dans le cas du Titan, on a plutôt le sentiment que Xgimi a réussi à limiter suffisamment le phénomène pour qu’il ne devienne pas un point bloquant dans un usage courant.

Xgimi TitanNos mesures, sondes à l’appui

Commençons par le contraste natif, qui en mode Filmmaker a été relevé à 1 287:1 environ, ce qui est correct mais en deçà des meilleurs vidéoprojecteurs du marché notamment chez Sony ou JVC, les maîtres dans ce domaine.

En sortie de carton et donc sans calibrage, nous avons obtenu une température moyenne des couleurs de 6 683 K donc légèrement supérieure aux 6500 K attendus et un gamma moyen de 1,86, là aussi, en deçà des attentes (2,4). En outre, pour la fidélité des couleurs, un ajustement est nécessaire car nous avons mesuré 4,65 de Delta E moyen, donc au-dessus du seuil de 3 qui est la valeur en dessous de laquelle l’œil humain n’arrive plus à faire la différence entre la couleur demandée et celle qui est affichée.

Mesures sur le Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le mode Film est très cohérent et permet d’obtenir, en sortie de carton, des mesures relativement satisfaisantes, bien que perfectibles aussi.

Là où le Titan tire sa grande force, c’est dans la luminosité. En effet, malgré une petite dérive au niveau du Tone Mapping qui pourrait être plus collé à la courbe de référence sur les valeurs les plus hautes, nous avons relevé un pic de luminosité de 255 cd/m² pour une image qui fait 3 m de base, ce qui représente 4 200 lumens, en mode Filmmaker. C’est la plus haute valeur que nous ayons pu mesurer jusqu’ici, tout modèle confondu. Le Horizon 20 Max propose, aussi sur une base de 3 m, une luminosité de 211 cd/m² dans des conditions similaires.

Mesures sur le Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

À la différence des téléviseurs où la luminosité chute sur une mire en plein écran par rapport à celle occupant 10 % de la surface, ici, on a bien les 255 cd/m² (et même légèrement plus sur cette mesure) quelle que soit la taille de l’image.

Mesures sur le Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Enfin, concernant la couverture des espaces colorimétriques, le Titan propose un très bon 83 % pour le BT2020 et un très convaincant 97 % pour le DCI-P3.

Xgimi TitanGaming

Le Xgimi Titan n’est pas un vidéoprojecteur exclusivement pensé pour le jeu vidéo, mais il propose un arsenal de fonctions qui le rendent tout à fait crédible sur ce terrain, surtout pour ceux qui veulent profiter de leurs consoles sur une très grande image. Pour commencer, sachez que dès qu’une PlayStation 5 ou une Xbox Series est détectée, l’appareil est capable d’activer automatiquement un mode jeu via l’ALLM, désactivant au passage les traitements vidéo superflus qui augmenteraient la latence. Une fois ce mode en place, la réactivité de l’affichage devient nettement plus satisfaisante : l’input lag descend à 32,8 ms, un niveau qui correspond à un léger décalage d’environ deux images de retard à 60 Hz avec une définition UHD, largement acceptable pour la grande majorité des joueurs.

Dans les jeux de course ou d’action comme Gran Turismo 7, on profite d’une image très lisible, avec une bonne sensation de vitesse et de profondeur, renforcée par la diagonale imposante qu’autorise le projecteur. Les variations rapides de luminosité sur les circuits alternant zones en plein soleil et passages plus sombres sont bien gérées, avec un contraste suffisant pour garder en permanence une bonne lecture de la piste. La réserve de luminosité permet de conserver un rendu percutant même si la pièce n’est pas totalement plongée dans le noir, ce qui est souvent le cas lors de sessions de jeu conviviales.

Notez que le Titan accepte les signaux Full HD jusqu’à 240 Hz, une capacité qui intéressera surtout les joueurs PC en quête de fluidité maximale. Dans ce mode, la priorité est clairement donnée à la réactivité et à la stabilité de l’image, au détriment de certains raffinements d’image secondaires, ce qui est cohérent avec les attentes du public visé.

En pratique et après avoir passé plusieurs heures à jouer avec, nous pouvons dire que le Xgimi Titan se révèle être un compagnon de jeu très convaincant.

Xgimi TitanAudio, pour la forme

La partie audio intégrée du Xgimi Titan se veut avant tout une solution d’appoint, capable de dépanner ou d’assurer le minimum dans une configuration sans système externe, mais elle ne peut évidemment pas suivre les ambitions vidéo de l’appareil. Derrière la façade en tissu se cachent plusieurs haut‑parleurs qui délivrent un son propre, avec des dialogues clairs et bien intelligibles même à volume modéré, ce qui est appréciable pour des usages plus « TV » comme les talk‑shows, les émissions sportives ou les informations. Sur ce terrain, le Titan remplit correctement son rôle, en proposant un rendu net et articulé qui suffit largement pour une écoute occasionnelle.

Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le constat n’est plus le même dès qu’on passe sur des films ou des séries aux bandes‑sons plus ambitieuses. En effet, les limites du système se font sentir assez rapidement. Le registre grave manque de corps, ce qui réduit l’impact des explosions, des effets de basse fréquence ou des musiques orchestrales chargées, et empêche de ressentir pleinement la dimension spectaculaire de l’image projetée. La scène sonore reste confinée au niveau du projecteur, sans réelle sensation d’enveloppement, encore moins quand l’appareil est installé derrière le spectateur, une configuration fréquente en fond de salle. La dynamique générale est correcte mais ne donne jamais l’impression d’être au niveau d’une installation home cinéma dédiée, ce qui était prévisible compte tenu de la vocation de ce système intégré.

Rappelons que l’appareil prend en charge les flux multicanaux via HDMI eARC et sortie optique, ce qui permet très facilement de confier la reproduction sonore à une barre de son ou, mieux encore, à un ensemble d’enceintes piloté par un amplificateur home cinéma.

Xgimi TitanL’interface, des menus de configuration à disposition

Contrairement aux vidéoprojecteurs « tout‑en‑un » de la marque mais finalement comme ses concurrents directs, le Xgimi Titan fait l’impasse sur un véritable environnement Smart TV et se concentre sur ce qui intéresse en priorité un utilisateur home cinéma : les réglages de l’image, de l’optique et de la gestion de la lumière. La page d’accueil reste très sobre et oriente directement vers les entrées HDMI, le lecteur multimédia interne ou les menus de configuration, sans empiler les rangées de contenus issus de plateformes de streaming. Si l’on veut accéder à ces dernières, il faut donc passer par une source externe, ce qui sera de toute façon le cas dans une installation déjà équipée d’un lecteur UHD ou d’un boîtier de streaming dédié.

Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Les menus du Titan sont organisés en plusieurs rubriques clairement identifiées, dont un bloc « Luminosité et écran » particulièrement fourni. C’est là que l’on retrouve les paramètres de base comme la luminosité, le contraste, la saturation, la netteté ou la température de couleur, mais aussi la compensation de mouvement, appelée ici Motion compensation. Au‑delà de ces réglages accessibles, un sous‑menu « Paramètres professionnels » ouvre l’accès aux fonctions avancées destinées à ceux qui souhaitent calibrer finement l’image : sélection de l’espace couleur, réglage du gamma, calibration en niveaux de gris sur 2 points puis 11 points, gestion du contraste dynamique et pilotage très précis de la puissance laser sur une plage de 1 à 10.

Les modes d’image SDR : Standard, Film, Vif, Sport, TV, Filmmaker Mode et Performance, sont là pour que chaque contenu trouve des paramètres préréglés, chacun pouvant être ajusté individuellement. En HDR, on retrouve ces profils, enrichis par des options IMAX Enhanced et HDR10+, ainsi que des variantes Dolby Vision Dark et Dolby Vision Bright qui adaptent la courbe de tone mapping à la pièce et au type de contenu.

La gestion du contraste offre plusieurs leviers : contraste local, contraste dynamique, AI contrast et une fonction Dynamic Enhancement couplée à un réglage de correction du niveau de noir dynamique, qui permet de compenser les dérives colorimétriques induites par une modulation très agressive de la lumière. L’ensemble est dense, voire intimidant au premier contact, mais il donne une vraie latitude pour façonner le rendu selon ses préférences et les contraintes de la salle.

Un lecteur multimédia interne est présent pour lire les fichiers stockés sur clé USB ou partagés sur le réseau, mais le Titan ne cherche pas à rivaliser avec les meilleurs lecteurs dédiés. En effet, il assure l’essentiel avec une compatibilité correcte et une fluidité satisfaisante, mais les utilisateurs exigeants lui préféreront rapidement un lecteur externe mieux armé pour les formats audio‑vidéo les plus pointus.

Enfin, on apprécie la réactivité de l’interface car les déplacements dans les menus sont fluides, les changements de paramètres s’appliquent rapidement, et l’on n’a jamais l’impression que le système peine à suivre les commandes de la télécommande.

Xgimi TitanConsommation et nuisance sonore

Compte tenu du niveau de luminosité annoncé, la consommation électrique du Xgimi Titan reste dans des valeurs logiques pour ce type de produit. À pleine puissance laser, l’appareil consomme environ 310 watts, ce qui reflète la capacité de la source lumineuse à délivrer un flux extrêmement élevé, exploitable sur de très grandes bases d’image. En abaissant la puissance à un niveau intermédiaire, la consommation chute de manière significative, tout en conservant une luminosité largement suffisante pour un écran de 100 pouces dans une salle correctement maîtrisée.

La nuisance sonore est l’un des points forts : le projecteur en fonctionnement à pleine puissance, est pratiquement indétectable en conditions réelles. Même lors de scènes calmes à faible volume, le souffle de la ventilation reste en arrière‑plan et ne vient pas perturber l’immersion. Xgimi a manifestement beaucoup travaillé la circulation d’air et le dimensionnement des ventilateurs pour parvenir à ce résultat, qui place le Titan parmi les références du marché en matière de silence de fonctionnement.

Xgimi TitanDate de sortie et prix

Le Xgimi Titan est disponible depuis le début de l’année 2026 sur le marché français, principalement via les revendeurs spécialisés home cinéma et les grandes enseignes en ligne orientées audio‑vidéo. Son tarif tourne autour de 3 999 euros. À ce niveau de prix, il se positionne clairement dans la tranche haut de gamme des vidéoprojecteurs grand public, en concurrence directe avec certains modèles laser d’Epson, des références à matrices SXRD ou D‑ILA chez Sony et JVC, et quelques DLP très lumineux destinés au home cinéma exigeant. Le Titan occupe seul ce créneau chez Xgimi en tant que vaisseau amiral home cinéma de la marque.

Fonte

Deixe um comentário

O seu endereço de e-mail não será publicado. Campos obrigatórios são marcados com *