
Samsung peaufine sa gamme Galaxy Buds depuis plusieurs générations. Les Buds 2 Pro avaient marqué les esprits en 2022. Les Buds 3 Pro avaient introduit un design radicalement différent, plus proche des AirPods d’Apple, avec une tige triangulaire distinctive et un embout éclairé. Un pari esthétique clivant, mais une progression technique indiscutable sur le plan de l’ANC et de la restitution sonore.
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Les Buds 4 Pro rompent avec ce design et adoptent une forme nouvelle, plus épurée, avec une tige plate en aluminium brossé et un écrin de charge compact à capot transparent. Surtout, Samsung change de braquet sur la partie transducteur, clairement améliorés vis à vis des générations précédentes. Chaque écouteur embarque deux haut-parleurs distincts : un woofer dynamique de 11 mm pour les graves et les bas-médiums, et un tweeter planaire magnétique de 5,4 mm pour les médiums et les aigus. Un tweeter planaire dans un intra-auriculaire à 249 euros, c’est l’argument technique le plus intéressant de ces Buds 4 Pro, et il se ressent à l’écoute. Notez que Samsung propose également les Galaxy Buds 4, plus simple et qui n’ont pas d’isolation passive.
À ce prix, les Buds 4 Pro affrontent directement les Apple AirPods Pro 3, les Sony WF-1000XM6 et les Bose QuietComfort Ultra Earbuds 2nd Gen. Trois références qui, chacune à leur façon, définissent les standards de la catégorie. On fait le point sur les qualités de ces nouveaux écouteurs et leurs différences avec les ténors du marché.
Samsung Galaxy Buds 4 ProSpécifications techniques
| Modèle | Samsung Galaxy Buds 4 Pro |
|---|---|
| Typologie | écouteurs intra-auriculaires |
| Réduction de bruit passive | Oui |
| Réduction de bruit active | Oui |
| Autonomie annoncée avec fonction ANC activée | 6 heures |
| Autonomie annoncée avec le boîtier | 26 heures |
|
Fiche produit
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Ce test a été réalisé avec des écouteurs prêtés par Samsung.
Samsung Galaxy Buds 4 ProCinq grammes, deux transducteurs
Les Galaxy Buds 4 Pro sont compacts et légers. 5,1 grammes par écouteur, à peine perceptibles dans le conduit auditif une fois les embouts en silicone correctement positionnés. Samsung propose trois tailles d’embouts (S, M, L) et l’application propose même un test d’ajustement qui analyse en temps réel la qualité du joint acoustique. Une précaution utile, car l’isolation passive dépend directement de ce joint. Bonne nouvelle : le maintien est solide, même lors de séances sportives.
Et c’est d’ailleurs un tour de force que d’avoir réussi à loger deux transducteurs distincts dans un écouteur aussi compact. Un woofer dynamique de 11 mm et un tweeter planaire magnétique de 5,4 mm, chacun alimenté par son propre amplificateur dédié, dans un coffrage qui pèse à peine 5 grammes. C’est exactement ce genre de défi de miniaturisation qui explique pourquoi les écouteurs true wireless haut de gamme coûtent ce qu’ils coûtent.

La tige est plate, taillée dans l’aluminium brossé. Sobre, élégante. Moins distinctive que la tige triangulaire éclairée des Buds 3 Pro, mais plus discrète. Le fini mat donne aux Buds 4 Pro un aspect premium certain.
L’ergonomie des contrôles est directement inspirée de ce qu’Apple a popularisé sur ses AirPods Pro. On pince la tige pour déclencher les actions, avec un clic franc et un retour haptique qui évite d’appuyer et d’appuyer encore pour s’assurer que la commande est prise. Le pincement est clairement la meilleure approche actuellement pour commander des écouteurs, plus que les zones tactiles à tapoter. Pas de risque de déclencher une commande par inadvertance en ajustant l’écouteur dans l’oreille. Le glissement sur la tige ajuste le volume : haut pour monter, bas pour descendre. Là encore, cette gestion du volume est particulièrement bien pensée, fluide, instantanée. Sur les Galaxy Buds 3 Pro, il fallait glisser à l’arrière de la tige triangulaire alors que désormais, il faut glisser à l’avant.
Le boîtier de charge est l’une des belles surprises de ces Buds 4 Pro. Compact, carré aux coins arrondis, avec un capot transparent qui laisse voir les écouteurs à travers. Une idée simple, mais vraiment utile quand on jongle entre plusieurs paires au quotidien. Un coup d’œil suffit pour identifier les Buds 4 Pro dans sa pochette. La charge se fait par USB-C ou en sans-fil Qi. L’ensemble est soigné, agréable en main, et tient facilement au fond d’une poche.

Samsung Galaxy Buds 4 ProL’écosystème à l’oeuvre
Si vous possédez un smartphone Samsung sous One UI 8.0 ou supérieur, vous n’avez pas besoin de l’application Galaxy Wearable. Les Buds 4 Pro s’y intègrent nativement. À l’ouverture du boîtier, une fenêtre de connexion apparaît automatiquement sur l’écran. L’appairage est instantané, sans manipulation. Les réglages ANC et les préréglages sonores sont accessibles directement depuis le panneau rapide de One UI 8.5, d’un glissement de doigt, sans jamais ouvrir d’application tierce.
Dans cet écosystème, les Buds 4 Pro débloquent également un ensemble de fonctionnalités exclusives.
- Le codec SSC UHQ en 24 bits/96 kHz, d’abord, disponible sur les Galaxy S23 et ultérieurs ainsi que les Z Fold 5/Flip 5 et Tab S9 et supérieurs.
- Le Super Wideband pour les appels HD jusqu’à 16 kHz, sur les Galaxy S25, S26 et appareils récents sous One UI 6.1.1 minimum.
- Les contrôles par gestes de tête, qui permettent de répondre à un appel d’un simple hochement et de le rejeter d’un mouvement latéral.
- Les commandes vocales pour invoquer Gemini ou Perplexity sans sortir le téléphone de la poche.
- La traduction en temps réel dans 22 langues via Live Translate, combinée à l’application Samsung Phone sur Galaxy S26. La localisation des écouteurs perdus via SmartThings Find.
- Et le basculement automatique entre appareils Galaxy, sans manipulation.
Sur Android non-Samsung, l’application Galaxy Wearable est nécessaire disponible et fonctionnelle pour l’essentiel : sélection du mode ANC, égaliseur 9 bandes, personnalisation des contrôles par pincement et mises à jour firmware. Suffisant pour profiter du son et de l’isolation.
Mais les fonctions avancées listées ci-dessus disparaissent intégralement. Sur iPhone, la situation est encore plus limitée : l’application Galaxy Wearable n’existe tout simplement pas sur iOS. Les Buds 4 Pro fonctionnent comme des écouteurs Bluetooth basiques, sans aucune personnalisation possible.

Bluetooth et codecs
Les Buds 4 Pro tournent sur Bluetooth 6.1 et supportent le standard Auracast, issu de la norme LE Audio, qui permet de diffuser de l’audio vers plusieurs paires d’écouteurs compatibles simultanément depuis une même source. Une technologie encore émergente, mais qui ouvre des usages intéressants. Côté codecs, le tableau est sans ambiguïté : SSC UHQ en 24 bits/96 kHz sur appareils Galaxy compatibles, SBC ou AAC pour tout le reste. Pas de LDAC, pas d’aptX. Pour un utilisateur Android non-Samsung ou un utilisateur iPhone, le plafond de qualité audio s’arrête à l’AAC (qui, disons-le, est bien suffisant).
Samsung Galaxy Buds 4 ProLe silence au programme
La réduction de bruit active des Buds 4 Pro constitue l’une des évolutions majeures de cette génération. Samsung annonce 36 dB de réduction, contre 33 dB sur les Buds 3 Pro. Un gain de 3 dB qui paraît modeste sur le papier. À l’écoute, c’est sensible, particulièrement dans les fréquences médiums où les anciens modèles montraient leurs limites.
L’application propose trois approches : le mode adaptatif, qui ajuste en temps réel la puissance d’atténuation selon le niveau sonore ambiant, le mode manuel à intensité fixe, et la désactivation complète.

Si votre objectif est l’isolation totale, il faut passer en mode manuel au maximum. Et là, les Buds 4 Pro révèlent leur vrai niveau. Le silence s’installe. Grondement de métro, brouhaha de café, bourdonnement de moteur d’avion : tout recule significativement. On n’atteint pas tout à fait le calme des AirPods Pro 3, qui maintiennent une avance dans les fréquences médium-hautes, mais la marge est ténue. Pour 99 % des situations quotidiennes, train, tram, open-space, ces écouteurs délivrent une réduction de bruit d’excellent niveau.
Le mode son environnant (transparence) est, lui, particulièrement réussi. Le rendu est d’un naturel étonnant. On n’a pas l’impression de porter des écouteurs. Les sons environnants passent proprement, sans coloration artificielle, sans sifflement parasite. Sur ce point précis, les Buds 4 Pro font jeu égal avec les AirPods Pro 3. Pouvoir travailler concentré tout en entendant son environnement, écouter de la musique en restant accessible, s’isoler d’un claquement de tige : tout fonctionne comme prévu.
Samsung Galaxy Buds 4 ProUne signature sonore puissante et précise
Chaque Buds 4 Pro embarque un système deux voies. Le woofer dynamique de 11 mm à membrane élargie prend en charge les graves et le bas-médium. Le tweeter planaire magnétique de 5,4 mm gère, lui, le haut-médium et les aigus. Cette séparation des registres est une idée fondamentalement saine. Un transducteur dynamique sollicité sur les basses fréquences doit effectuer de grands mouvements de membrane. Or, ces larges excursions dégradent la qualité de restitution des hautes fréquences si le même transducteur doit en assurer simultanément la reproduction. En libérant le tweeter de toute contrainte dans le grave, Samsung lui permet de travailler exclusivement là où il excelle.

Et le tweeter planaire, précisément, excelle dans les hautes fréquences pour des raisons physiques fondamentales. Contrairement à un tweeter dynamique dont la membrane est mise en mouvement par une bobine rigide collée en son centre, le transducteur planaire magnétique utilise une membrane ultra-fine et ultra-légère, parcourue sur toute sa surface par des conducteurs gravés millimétriques.
Cette membrane est prise en sandwich entre deux rangées d’aimants permanents. Quand le signal électrique la traverse, toute la surface vibre de façon uniforme et simultanée, avec une vitesse d’oscillation exceptionnelle, une absence quasi-totale de distorsion mécanique, et une restitution des transitoires d’une précision remarquable. Les attaques sont nettes, les extinctions sont propres, les détails dans les aigus d’une douceur que les tweeters dynamiques n’atteignent tout simplement pas. Deux amplificateurs dédiés pilotent chaque transducteur indépendamment, ce qui renforce encore le contrôle et la séparation entre les deux voies.

La courbe de réponse en fréquences révèle une signature intéressante. Le grave est généreux, avec un niveau élevé dans le sous-grave et le bas-médium. Une légère dépression vers 100-300 Hz, puis un pic prononcé et franc autour de 1 kHz dans le médium. Ce pic, visuellement alarmant sur la courbe, se ressent étonnamment peu à l’écoute. L’oreille l’intègre et s’y adapte.
Les fréquences de présence et de brillance, entre 2 et 10 kHz, restent en retrait relatif avant un rebond dans les hautes fréquences de brillance vers 10-12 kHz. Malgré un courbe un peu rock’n’roll, loin de la linéarité, le son est étonamment peu édulcoré. Et si l’on veut plus d’air, plus d’éclat, plus de présence dans les aigus, l’égaliseur 9 bandes est là pour ça. Quelques dB dans les bandes au-dessus de 8 kHz, et le son s’ouvre, s’illumine, sans jamais sonner forcé.
Signature sonore : un équilibre qui va séduire
À l’écoute, le registre grave est la grande réussite de ces écouteurs. Puissant sans être boursouflé, texturé, avec une belle définition des lignes de basse. Il manque très légèrement de rapidité (en comparaison des hautes fréquences), mais il n’y a toutefois pas de lourdeur ou de traînage excessif.
Le médium est présent, détaillé, avec une légère tendance à voiler les harmoniques hautes des voix féminines et des instruments à cordes tendus. Rien de franchement problématique et puis, surtout, il n’y a aucune agressivité. L’aigu est quant à lui très fin. On peut écouter fort pendant des heures sans fatigue auditive.
La scène sonore est large, raisonnablement profonde. La séparation des plans est bonne sans être remarquable. C’est une signature plaisante, généreuse, qui se prête à tous les genres.

Impressions d’écoutes
Quelques titres du moment pour valider ces impressions :
Sabrina Carpenter, Espresso : La voix de Sabrina passe avec une belle chaleur. Les graves de la production sont très présents, le kick synthétique donne du rythme. La voix semble légèrement voilée dans les harmoniques hautes, mais l’ensemble reste agréable, dansant. Le mode Ampli basses de l’égaliseur renforce encore le groove de ce titre.
Kendrick Lamar, Not Like Us : Les Buds 4 Pro sont dans leur élément. Le kick est lourd, rapide, bien défini. Les samples de cordes arrachées passent avec précision. La voix de Kendrick, dans le médium, est lisible et présente. La scène sonore est large, le mix s’écoute avec plaisir.
Chappell Roan, Good Luck, Babe! : La production synthétique et lumineuse de ce titre met en évidence le léger retrait dans la zone de brillance. Les synthés hauts et les réverbes lointaines sonnent un peu moins aériens qu’avec les Sony WF-1000XM6. Mais la voix est là, bien posée, le rythme est dynamique. Un coup d’égaliseur règle l’affaire en trente secondes.
Booba, Piège à Cons : Sur un titre de rap français avec une production plus sèche, les Buds 4 Pro font valoir leur médium précis et leur bas-médium solide. Le débit est lisible sans effort.
Samsung Galaxy Buds 4 ProQualité des appels téléphoniques
Samsung a sérieusement travaillé la qualité d’appel sur les Buds 4 Pro. Six microphones entourent l’oreille, associés à un algorithme d’IA pour isoler la voix de l’environnement. Le signal est transmis via la technologie Super Wideband jusqu’à 16 kHz avec les smartphones Samsung récents, contre 8 kHz pour les autres smartphones. Ne possédant pas de smartphone Samsung, je n’ai pu vérifier ce point, mais en toute logique le fait de capter jusqu’à 16 kHz devrait donner bien plus de finesse et de naturel à la voix.

En intérieur calme, la qualité d’appel est excellente. En environnement bruyant, les Buds 4 Pro maintiennent une intelligibilité confortable pour votre interlocuteur. Ils montrent seulement leurs limites face au vent, mais à cela il n’y a pas grand chose à faire. Globalement, on peut compter sur eux pour passer régulièrement des appels téléphoniques.
Samsung Galaxy Buds 4 ProUne bonne autonomie malgré tout
Samsung annonce 6 heures avec l’ANC actif, 7 heures sans. Le boîtier stocke environ 3 à 4 charges supplémentaires, soit 26 heures au total avec ANC ou 30 heures sans. Ces chiffres sont réalistes. En conditions de test réelles, avec l’ANC en mode fixe au maximum et le codec AAC, j’ai obtenu légèrement plus de 7 heures à 50 % du volume. C’est bien suffisant pour la plupart des usages et en soi une bonne performance si l’on considère qu’il y a deux transducteurs et deux amplificateurs par écouteur à alimenter.

Une recharge de 20 minutes suffit à récupérer environ 4 heures d’écoute lorsque les écouteurs sont totalement déchargés. Le boîtier se recharge en environ deux heures de 0 à 100 % via USB-C ou sans-fil Qi.
Samsung Galaxy Buds 4 ProPrix et disponibilité
Les Samsung Galaxy Buds 4 Pro sont proposés au prix de 249 euros et disponibles en Blanc, Noir et Or Rose. Un tarif identique à celui des Buds3 Pro à leur lancement.
Les Apple AirPods Pro 3, aux alentours de 249 euros, restent la référence absolue pour les utilisateurs d’iPhone, Mac ou iPad. Ils offrent le meilleur Audio spatial du marché, avec suivi de tête, un mode transparence exemplaire, une ANC d’excellence et une intégration écosystème parfaite. En dehors de l’univers Apple, ils perdent une partie de leurs fonctionnalités.
Les Sony WF-1000XM6, à 299 euros, comptent parmi les références les plus abouties pour la neutralité sonore et la réduction de bruit. Plus chers, mais polyvalents sur toutes les plateformes grâce au support LDAC. Si le budget le permet et que l’écosystème Samsung n’est pas une priorité, ils méritent sérieusement d’être considérés.
Les Bose QuietComfort Ultra Earbuds 2nd Gen proposent un confort d’exception et une ANC des plus efficaces. Le son est plus sec, moins coloré. Une alternative solide pour ceux qui privilégient l’isolation lors de longs voyages.
Pour les utilisateurs Samsung, le calcul est simple : les Buds 4 Pro offrent le meilleur niveau d’intégration avec l’écosystème Galaxy, un son généreux et plaisant, une ANC de premier plan. Difficile de trouver mieux dans cette tranche de prix si l’on utilise un smartphone Samsung.