Huawei FreeClip 2
Les écouteurs Huawei FreeClip 2 // Source : Tristan Jacquel

Le marché des écouteurs ouverts connaît une explosion spectaculaire. Après les FreeClip originaux, de nombreux concurrents se sont engouffrés dans la brèche. Huawei revient donc en terrain conquis, mais aussi devenu très concurrentiel. Les FreeClip 2 héritent du design en clip qui fit le succès de leurs prédécesseurs : une architecture en C qui contourne l’oreille, une partie acoustique qui se positionne devant le conduit auditif, et une section électronique qui vient se caler derrière le pavillon.

La philosophie reste identique : offrir une expérience d’écoute sans isolation phonique, pour rester connecté à son environnement. Une approche qui séduit particulièrement les coureurs, cyclistes et tous ceux qui pratiquent une activité physique en extérieur. Mais ce positionnement implique des compromis sonores majeurs qu’il faut accepter dès le départ.

Pour aller plus loin
Quels sont les meilleurs écouteurs ouverts à choisir en 2026 ?

Vendus 199 euros, les FreeClip 2 se positionnent dans le haut du panier des écouteurs ouverts, au niveau des Bose QuietComfort Ultra Open Earbuds (200 euros) ou des très bons Shokz OpenFit 2+ (149 euros), des Anker Soundcore AeroClip (119 euros) ou des Motorola Buds Loop à l’excellent rapport qualité/prix (129 euros). À ce tarif, Huawei mise clairement sur le premium du format ouvert, avec des prestations (IP57, autonomie, finition) pour justifier l’écart. Reste à voir si la qualité audio suit.

Huawei FreeClip 2Spécifications techniques

Ce test a été réalisé avec des écouteurs prêtés par Huawei.

Huawei FreeClip 2Un design affiné mais toujours clivant

Huawei conserve l’essentiel de la recette des FreeClip originaux. Le design en C caractéristique est toujours là, mais avec quelques évolutions bienvenues. Les deux parties de l’écouteur – la sphère acoustique d’un côté, le corps électronique en forme de haricot de l’autre – sont désormais reliées par un câble en silicone texturé, plus souple que sur la première génération. Cette jonction gagne 25 % en souplesse selon Huawei, ce qui se traduit par une pression moindre sur le cartilage de l’oreille.

Le poids chute de 5,6 à 5,1 grammes par écouteur. Une baisse modeste sur le papier, mais potentiellement perceptible lors de sessions prolongées. La certification IP57 (résistance à l’immersion jusqu’à 1 mètre pendant 30 minutes) est un vrai plus pour des écouteurs destinés au sport.

Huawei FreeClip 2
Crédit : Tristan Jacquel

Quatre coloris sont proposés : noir, blanc, rose doré et bleu. Le choix est suffisamment varié pour satisfaire les goûts de chacun, même si la finition brillante attire inévitablement les traces de doigts.

Un confort en nette progression

Le confort constitue l’une des améliorations majeures de cette deuxième génération. La nouvelle jonction en silicone, moins rigide que celle des premiers FreeClip, exerce une pression plus douce sur l’oreille. Lors de sessions de plusieurs heures, la différence se fait sentir : là où les FreeClip originaux pouvaient provoquer une légère gêne au niveau du cartilage après deux heures, les FreeClip 2 s’oublient presque totalement.

La stabilité reste excellente. Même lors de mouvements brusques de la tête ou de courses à pied, les écouteurs ne bougent pas. Le placement est relativement libre sur la partie arrière de l’oreille, mais il faut viser la partie basse pour conserver une bonne tenue et un meilleur son.

Huawei FreeClip 2
Une fois en place, on oublie quasiment les Huawei FreeClip 2 // Source : Tristan Jacquel

Pour les sportifs, c’est une réussite : légers, stables, confortables, les FreeClip 2 cochent toutes les cases.

Un boîtier compact et bien pensé

Le boîtier de charge a considérablement maigri par rapport à celui des FreeClip originaux. Plus compact, moins arrondi, il se glisse facilement dans une poche. Certifié IP54 (résistance aux projections d’eau et à la poussière), il peut encaisser quelques gouttes de sueur sans sourciller.

Huawei FreeClip 2
La tige en silicone se tort et participe au confort // Source : Tristan Jacquel

Le rangement des écouteurs peut surprendre au début : les jonctions se croisent au centre du boîtier. Il faut quelques utilisations pour prendre le coup de main, mais l’opération devient ensuite naturelle.

Le boîtier supporte la recharge sans fil Qi en plus du port USB-C. Une fonction pratique, même si la recharge filaire reste nettement plus rapide. Une petite astuce : il est possible d’activer des invites sonores qui utilisent les haut-parleurs des écouteurs pour confirmer la charge, même lorsqu’ils sont rangés dans le boîtier.

Huawei FreeClip 2
Le boîtier des Huawei FreeClip 2, compact pour ce type d’écouteurs // Source : Huawei FreeClip 2

Huawei FreeClip 2Usage et application : des contrôles enrichis

Les FreeClip originaux souffraient d’un défaut majeur : l’impossibilité de régler le volume directement sur les écouteurs. Huawei a entendu les critiques et intègre désormais une surface tactile sur la partie en forme de haricot. Un glissement vertical permet de monter ou descendre le volume. La manipulation demande un peu de pratique – il faut parfois s’y reprendre à deux fois au début – mais une fois le geste maîtrisé, la réactivité est au rendez-vous.

Des commandes tactiles enfin complètes

Les autres contrôles reposent sur les tapotements : double tapotement pour lecture/pause, triple tapotement pour naviguer entre les pistes. Ces gestes fonctionnent sur le câble, la sphère acoustique ou la partie arrière. La personnalisation est possible via l’application, avec la possibilité de différencier les écouteurs gauche et droit.

Petite nouveauté : les gestes de la tête. En hochant ou secouant la tête, il est possible d’accepter ou de rejeter un appel. Une fonction désactivée par défaut, mais qui fonctionne de manière fiable une fois activée. En revanche, lors de séances sportives intenses, les tapotements et glissements peuvent légèrement déplacer les écouteurs.

Huawei FreeClip 2
Les Huawei FreeClip 2 dans leur boîtier de rangement // Source : Tristan Jacquel

L’application Huawei AI Life

Huawei délaisse AI Life au profit de Huawei Audio Connect, une application dédiée à ses produits audio. Disponible sur iOS (via l’App Store) et Android (via APK, pas sur le Play Store), elle propose une interface claire et aérée. Les réglages sont nombreux : assignation des contrôles, égaliseur 10 bandes personnalisable, activation/désactivation de la détection du port, localisation sonore des écouteurs, volume adaptatif. Pour autant, l’app Huawei AI Life fonctionne également avec les FreeClip 2.

L’égaliseur est particulièrement complet et permet aux utilisateurs avertis de créer leur propre profil sonore. Pour les autres, plusieurs présélections privilégient certains types de contenus. L’application gère également les mises à jour firmware.

Fonction pratique : la détection automatique de l’oreille gauche et droite. Grâce aux accéléromètres intégrés, chaque écouteur identifie sa position et adapte les canaux en conséquence. Plus besoin de vérifier quel écouteur va dans quelle oreille : on les pose, et ils s’ajustent instantanément.

Connectivité : moderne sans LE Audio

Les FreeClip 2 embarquent une puce Bluetooth 6.0. En revanche, le standard LE Audio est aux abonnés absents. Pas de codec LC3, pas de norme Auracast : il faut se contenter de SBC, AAC et du codec maison L2HC de Huawei. Avec les smartphones Huawei récents, la technologie NearLink Audio promet un débit de 2,3 Mb/s avec une consommation réduite, mais cela reste limité à l’écosystème de la marque. Au-delà, soyons honnêtes, cela n’impacte pas la qualité sonore.

Le multipoint est de la partie, et permet de connecter simultanément deux appareils. Utile pour jongler entre smartphone et ordinateur. En revanche, toujours pas de Google Fast Pair, ce qui ralentit l’appairage initial sur Android. Microsoft Swift Pair est en revanche supporté.

Huawei FreeClip 2Audio : la contrainte du format ouvert

La courbe de réponse en fréquences des FreeClip 2 révèle immédiatement les contraintes du format ouvert. Dans les basses fréquences, la courbe plonge dès 60 Hz, atteignant à peine 55 dB SPL à 20 Hz. C’est le talon d’Achille de tous les écouteurs ouverts : sans conduit scellé, impossible de générer de la pression acoustique dans les graves. Huawei compense avec son transducteur à double membrane de 10,8 mm, qui parvient à maintenir un niveau acceptable jusqu’à 60 Hz, mais au-delà, c’est le vide.

Huawei FreeClip 2 réponse en fréquence
La courbe de réponse des Huawei FreeClip 2 // Source : Tristan Jacquel

Les médiums, en revanche, sont le point fort de ces écouteurs. La courbe affiche une belle régularité entre 200 Hz et 2 kHz, avec un boost léger du haut grave qui apporte du corps aux voix. La texture est bonne, le niveau de détail satisfaisant. C’est dans ce registre que les FreeClip 2 excellent : les voix sont bien reproduites, chaleureuses, présentes.

Huawei FreeClip 2
Huawei FreeClip 2 // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Mais les aigus posent problème, car ils sont trop en avant. La courbe montre une accentuation marquée entre 3 kHz et 8 kHz, qui colore forcément et le son. À volume modéré (autour de 30-40 %), cette signature apporte de l’énergie et de la brillance sans agressivité. Mais dès qu’on pousse le volume au-delà de 50 %, l’accentuation devient excessive.

Impressions d’écoutes : un son coloré à accepter

En environnement calme, les FreeClip 2 délivrent une signature sonore plaisante, malgré ses déséquilibres. Les basses, bien qu’absentes en dessous de 60 Hz, parviennent à donner un minimum d’assise au son. On ne retrouvera jamais la profondeur et le punch d’écouteurs fermés, mais pour du format ouvert, c’est déjà respectable. Les médiums, excellents, portent la musique. Les voix sont chaleureuses, texturées, agréables à écouter. La scène sonore est large et aérée, ce qui procure une sensation d’espace bienvenue.

Les aigus, comme annoncé, se révèlent problématiques dès qu’on monte le volume. En deçà de 50 % de volume, l’équilibre reste acceptable. Au-delà, l’accentuation dans les hautes fréquences devient trop marquée. Ce n’est pas forcément agressif, mais déséquilibré. L’égaliseur permet de corriger partiellement ce défaut, mais il faut accepter le caractère coloré du son des FreeClip 2.

En extérieur ou dans les transports, le constat change radicalement. Les bruits ambiants masquent tous les graves et il ne reste alors que les médiums et les aigus, ce qui produit un son maigre et désincarné. La fonction de volume adaptatif tente d’accentuer certaines fréquences en fonction du bruit environnant. C’est utile pour les podcasts et les voix, mais cela n’améliore pas vraiment l’expérience musicale.

Huawei FreeClip 2
La grille du transducteur d’un écouteur Huawei FreeClip 2 // Source : Tristan Jacquel

Il faut le dire clairement : les FreeClip 2 ne sont pas des écouteurs pour une écoute musicale de qualité en extérieur. En revanche, pour du sport en intérieur (salle de sport, course à pied dans un parc calme), ils s’en sortent très bien. Pour les sportifs urbains qui veulent rester connectés aux bruits de la circulation, c’est exactement ce qu’il faut : un son suffisant pour accompagner l’effort, sans isolation dangereuse.

Scène sonore : l’avantage du format ouvert

La scène sonore constitue l’un des atouts du format ouvert. Contrairement aux intra-auriculaires qui créent une bulle sonore dans la tête, les FreeClip 2 offrent une spatialisation naturelle. Les instruments se positionnent de manière plus crédible dans l’espace, la séparation stéréo est nette. C’est particulièrement appréciable sur les morceaux acoustiques ou les enregistrements live, où cette ouverture apporte un vrai plus.

Huawei FreeClip 2
Crédit : Tristan Jacquel

En revanche, ne vous attendez pas à un miracle : la largeur de scène reste limitée par le format et la proximité des transducteurs. On est loin d’un casque audiophile, mais pour du sport ou une écoute décontractée, c’est largement suffisant.

Huawei FreeClip 2Appels : un excellent kit mains libres

Les FreeClip 2 embarquent trois microphones par écouteur : un micro principal pour capter la voix, un micro à conduction osseuse pour isoler les vibrations vocales, et un micro dédié à la réduction du vent. L’ensemble est couplé à un algorithme de réduction de bruit DNN (Deep Neural Network) qui mixe les trois sources pour isoler la voix tout en conservant son timbre naturel.

En pratique, les résultats sont très bons. En environnement calme, la voix est parfaitement captée avec une légère atténuation dans les aigus qui produit un rendu doux et agréable. En environnement bruyant (rue, transports), l’algorithme parvient à maintenir l’intelligibilité même dans des conditions difficiles. La voix est alors plus altérée, avec quelques artefacts de traitement numérique, mais elle reste compréhensible. Les décrochages sont rares.

Huawei FreeClip 2
Huawei FreeClip 2 // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Le capteur à conduction osseuse fait la différence : en captant les vibrations du crâne plutôt que les sons aériens, il permet à l’algorithme de distinguer efficacement la voix de l’utilisateur des bruits parasites. Pour les appels en mobilité, c’est un vrai plus.

Huawei FreeClip 2Autonomie : dans la moyenne haute

Huawei annonce 9 heures d’autonomie pour les écouteurs seuls, et 38 heures avec le boîtier de charge. Ces chiffres sont mesurés à 50 % de volume avec le codec AAC. Lors de mes tests, j’ai mesuré environ 8h30 d’autonomie à 60 % du volume, le niveau à 50 % étant un peu juste à mon goût. Un résultat légèrement supérieur aux annonces, grâce à un volume d’écoute modéré.

L’autonomie dépend beaucoup du volume utilisé. À 30 % de volume, on peut espérer dépasser les 10 heures. À 60-70 %, on retombera certainement vers 7-8 heures. C’est dans la moyenne haute pour des écouteurs ouverts.

La recharge filaire des écouteurs prend environ 40 minutes de 0 à 100 %, soit légèrement plus que les FreeClip originaux. C’est le prix à payer pour une autonomie améliorée. En 10 minutes de charge, on récupère environ 25% de batterie, soit près de 2h30 d’écoute. Pratique pour un dépannage rapide.

Le boîtier de charge (537 mAh) offre un peu plus de trois charges complètes des écouteurs. Il se recharge en moins d’une heure en filaire, près de 3 heures en sans fil. La recharge sans fil est pratique, mais on lui préférera le câble USB-C pour gagner du temps.

Huawei FreeClip 2Prix et disponibilité

Les Huawei FreeClip 2 sont disponibles depuis janvier 2026 au tarif de 199 euros. Quatre coloris sont proposés : noir, blanc, rose doré et bleu. Un positionnement tarifaire premium qui place ces écouteurs tout en haut du segment des écouteurs ouverts.

À titre de comparaison, les Bose QuietComfort Ultra Open, loin d’être exceptionnels, sont vendus 200 euros. Les Shokz OpenFit 2+, supérieurs acoustiquement, s’affichent à 200 euros. Dans l’entrée de gamme, on trouve les Anker Soundcore AeroClip à 119 euros et les Motorola Buds Loop à 129 euros.

Les FreeClip 2 se positionnent donc au même niveau que les Bose en termes de prix, mais avec des atouts différents puisque les Huawei proposent un meilleur son, une certification IP57 (contre IPX4 pour les Bose), une détection automatique gauche/droite, et un design plus compact. Le rapport qualité/prix dépendra surtout de vos priorités : si vous cherchez le meilleur son possible sur des écouteurs ouverts, les Shokz restent devant. Si vous privilégiez le confort, la légèreté et la résistance à l’eau pour le sport, les Huawei constituent une alternative crédible.

Fonte

Deixe um comentário

O seu endereço de e-mail não será publicado. Campos obrigatórios são marcados com *