Je suis monté à bord du Mercedes-Benz VLE, le nouveau van électrique de la marque. Promettant de ravir aussi bien les taxis parisiens que les VIP chinois, il met en avant sa technologie débordante et ses 700 km d’autonomie grâce à une plateforme dédiée. Voici mes premières impressions.

N’enterrons pas trop vite les marques européennes face aux Chinois dans la course à la voiture électrique : ces dernières semaines, les Mercedes-Benz GLC, BMW iX3 et Volvo EX60 ont prouvé que les modèles européens pouvaient allier autonomie, vitesse de charge et technologies embarquées.
Mercedes-Benz refuse de s’arrêter là et s’attaque désormais à son pré carré : les vans. Avec son nouveau VLE, la marque à l’étoile est partie d’une feuille blanche pour proposer un véhicule qui n’a plus grand chose à voir avec un utilitaire aménagé.
Pour aller plus loin
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Avec plus de 700 km d’autonomie, une recharge en 25 minutes et une avalanche de technologies, ce VLE veut séduire aussi bien les taxis que les VIP, des États-Unis à la Chine en passant par l’Europe.
Bref, une théorie alléchante, mais qu’en est-il en réalité ? Pour en savoir plus, je suis parti à la découverte de ce Mercedes-Benz VLE en avant-première.
Fiche technique
Design : un sacré gabarit
Le concept Vision V, présenté en avril 2025, n’était pas gratuit : l’extérieur du VLE en est une traduction fidèle. La face avant est assez intéressante, avec une véritable continuité entre ce van et les dernières voitures de la marque : la calandre, notamment, est étroitement reliée à celle du nouveau GLC – l’éclairage intégral en moins, même si un liseré de LED la ceinture.

Les phares continuent le mimétisme avec deux étoiles dans chaque projecteur, reliés par un bandeau lumineux. Ces phares intègrent la technologie Digital Light, capables de projeter des pictogrammes sur la chaussée par-dessus l’éclairage.
Quant au capot, le double bossage est une habitude de la marque (et un hommage à la SL de 1954), tandis qu’il peut s’orner de l’étoile (les versions AMG Line préfèrent l’intégrer dans la calandre). Oh, et beaucoup de chromes, surtout sur la version Exclusive.

Mercedes-Benz VLE // Source : Mercedes-Benz

Mercedes-Benz VLE // Source : Mercedes-Benz
Le profil impressionne : avec 5,31 mètres de long en version standard (5,48 mètres en version rallongée !), le VLE est un beau gabarit. Les jantes tentent de camoufler l’embonpoint et s’échelonnent de 19 à 22 pouces. Seul point à mon goût regrettable : une ceinture de caisse bien plus haute qu’auparavant, limitant drastiquement la surface vitrée et alourdissant l’ensemble.
L’arrière, en revanche, m’a plu. L’étonnant feu arrière, en forme de fer à cheval englobant le hayon, ajoute une touche d’originalité – seules les parties verticales seront allumées en Europe, mais d’autres régions auront droit à la totale. C’est d’ailleurs ici qu’on retrouve la seule pièce récupérée du Classe V actuel : la base de l’essuie-glace arrière, qui fait également office de bouton d’ouverture de la vitre indépendamment du hayon.

Le toit en pente se terminant par un spoiler proéminent en atteste : l’aérodynamisme a joué un rôle clef dans le design du VLE, et le coefficient de pénétration dans l’air (Cx) se limite à un impressionnant 0,25 ; digne d’un SUV. Le SCx, où le Cx est multiplié par la surface frontale, est évidemment moins flatteur, mais limite la casse à 0,85. Un Peugeot E-5008, par exemple, annonce 0,77.
Bref, le Mercedes VLE ne fait pas dans la dentelle. Si la version de base reste assez passe-partout, les versions AMG Line et Exclusive veulent en mettre plein la vue. Le lien de parenté avec les voitures particulières en est cependant témoin : Mercedes veut éloigner le plus possible ce VLE de la catégorie des utilitaires. Le futur Sprinter aura d’ailleurs une carrosserie bien spécifique.
Habitacle : l’avalanche
Un habitacle à la carte
Avec ses 5,31 mètres de long, dont 3,34 m d’empattement, même le moins long des VLE sait recevoir. Cela se voit déjà par les deux portes coulissantes électriquement de série, accompagnées de vitres intégralement coulissantes.

L’habitacle est, sans grand surprise, très spacieux. La configuration du van peut varier de cinq à huit passagers, mais peut également troquer les banquettes pour deux sièges indépendants.
Ces sièges sont d’ailleurs disponibles en trois variantes, allant des « simples » sièges à commande manuelle à de véritables fauteuils première classe comprenant tablettes escamotables, chargeurs à induction, repose-mollets, sans oublier d’être chauffants et massants.

Le robot tondeuse autonome de nouvelle génération
Le Mammotion LUBA 3 AWD cartographie votre jardin au centimètre près grâce à sa navigation RTK et sa vision 3D. Pentes, obstacles, zones complexes… Il gère tout intelligemment depuis votre smartphone.

De quoi répondre à toutes les demandes, des familles nombreuses aux transports de VIP. J’ai pu tester la version la plus exclusive, et le moelleux de l’assise est assez remarquable ; l’étendue des réglages permet en outre de pouvoir s’allonger assez profondément, de quoi tenter une petite sieste.
Ces sièges sont tout à fait modulables, coulissants et même extractibles. S’ils sont électriques, alors ils pourront se bouger à votre guise via plusieurs modes gérables depuis l’écran central… ou l’application dédiée sur votre smartphone. Un frigo, pouvant conserver des aliments à des températures allant de 3 à 40°C, est même présent dans la console centrale – un détail calibré pour le marché chinois.

Évidemment, le coffre n’est pas en reste. Même avec trois rangées de sièges, le VLE peut recevoir 795 litres de bagages, pouvant atteindre 4 078 litres en configuration « 2 places ». Des appartements parisiens sont sûrement plus petits.
Des technologies (presque) dernier cri
Là où l’intérêt de Mercedes-Benz pour la Chine se voit le plus, c’est au niveau des équipements dédiés aux passagers arrière. Dans la veine des Li Auto Mega, Xpeng X9 et autres Zeekr 009, le VLE peut se doter d’un immense écran arrière, qui se cache dans le pavillon.

Cette dalle 8K de 31,3 pouces (79 cm de diagonale) dispose d’un format assez particulier de 32:9, mais peut se diviser en deux zones indépendantes pour regarder des films via Disney+ ou Sony Pictures, des vidéos YouTube, jouer à des jeux via Boosteroid… ou participer à des visioconférences grâce à la caméra 8 MPx et une compatibilité avec Zoom, Webex et Microsoft Teams.

Autre contrainte : posé sur le toit, l’écran est inaccessible des doigts des passagers, mais deux télécommandes (incrustées dans les dossiers des sièges avant) permettent de naviguer dans les diverses applications.
Elles prennent la forme d’un écran tactile et peuvent se transformer en pad, mais mon premier aperçu fut mitigé : la pièce chauffait beaucoup et la navigation dans les menus n’était pas très simple. Une commande vocale est cependant présente et pourrait aider à l’ergonomie.

À l’avant, la surprise est moindre puisqu’on retrouve le Superscreen, cet enchaînement de trois écrans (10,25 pouces derrière le conducteur et deux de 14 pouces au centre et pour le passager) déjà vu sur les CLA, GLB et le GLC (même si ce dernier conserve l’exclusivité de l’Hyperscreen avec une seule dalle continue).

Mercedes-Benz VLE // Source : Mercedes-Benz

Mercedes-Benz VLE // Source : Mercedes-Benz
Comme ces dernières, le VLE récupère le nouveau système maison, baptisé MB.OS. On retrouve la même interface et le même niveau de connectivité (incluant une navigation connectée fournie par Google Maps doté d’un planificateur d’itinéraire) que les voitures.

Idem, l’assistant virtuel nourri aux données de la voiture, de ChatGPT, de Gemini et de Bing pourra répondre au plus de demandes, qu’elles désignent une fonction du van électrique ou une question plus générale.
Une fiche technique sans rivaux européens
Beaucoup de batteries
Alors que le van électrique actuel de Mercedes-Benz, l’EQV, n’est qu’une version électrifiée du Classe V thermique, la marque a complètement changé de braquet pour le VLE en lui octroyant une plateforme dédiée à l’électrique, baptisée VAN.EA.
Le bond est immense. Au lancement, le VLE bénéficiera d’une immense batterie NMC (nickel – manganèse – cobalt) de 115 kWh, promettant une autonomie de plus de 700 km selon la norme WLTP.

Ça ne s’arrête pas là : grâce à une architecture 800 volts, le van électrique peut se recharger à 300 kW, de quoi passer de 10 à 80 % en 25 minutes – un convertisseur 400 volts sera disponible en option pour, par exemple, se brancher aux Superchargeurs de Tesla, mais limitant la charge à 100 kW dans ces conditions.
Le saut entre le VLE et l’EQV est gigantesque : là où la génération actuelle se limite à 363 km d’autonomie, le VLE double ce chiffre grâce, certes, à 25 kWh de batterie supplémentaires, mais surtout une consommation en chute libre, passant de 27,3 kWh/100 km à 18,6 kWh/100 km grâce au travail sur l’aérodynamisme et le rendement interne, notamment grâce au recours au carbure de silicium dans l’électronique de puissance.

Courant 2027, une batterie LFP (lithium – fer – phosphate) de 80 kWh sera disponible. L’autonomie d’environ 500 km WLTP devrait suffire pour les taxis urbains, d’autant plus que la recharge ultrarapide sera toujours d’actualité.
Un poids démesuré
Côté motorisation, le VLE sera proposé en deux versions. Le VLE 300 adopte un moteur synchrone à excitation permanente à l’avant de 200 kW (272 ch), permettant au van de passer de 0 à 100 km/h en 9,5 secondes.

Le VLE 400 ajoute un moteur arrière pour proposer une transmission intégrale, permettant en outre d’augmenter la puissance cumulée à 305 kW (415 ch) et d’abaisser le 0 à 100 km/h à 6,5 secondes.
Les liaisons au sol sont soignées, avec la possibilité d’opter pour une suspension pneumatique et des roues arrière directrices, capables de pivoter jusqu’à 7° pour abaisser le rayon de braquage à 11,6 mètres (mur à mur), tandis que l’insonorisation est poussée avec du verre feuilleté.

Enfin, les aides à la conduite répondent présents avec un système de conduite semi-autonome de niveau 2 et même le système Drive Assist Pro, bénéficiant du système Alpamayo de Nvidia présenté au CES 2026 pour les États-Unis et Momenta en Chine. Pour l’Europe, il faudra attendre l’évolution de la règlementation, à l’image du FSD de Tesla.
Pour aller plus loin
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Tout cela se paye par un poids absolument démesuré de 3 015 kg à vide pour le VLE 300 et 3 195 kg pour le VLE 400. La MMTA (masse maximale techniquement admissible) dépasse ainsi les 3,5 tonnes, mais Mercedes-Benz peut remercier la France qui permet de soustraire la masse de la batterie de la masse totale du véhicule : le van, dans ces conditions, reste sous les 3,5 tonnes, de quoi le conduire avec un permis B « classique ».

Pour la petite histoire, cette plateforme est en cours de conversion par les ingénieurs de la marque pour la rendre compatible avec une motorisation thermique. Reste que le passage de la VAN.EA à la future VAN.CA (C pour Combustion) semble compliqué, les équipes devant totalement redévelopper la partie avant pour pouvoir y caser un moteur essence et tous ses accessoires tout en répondant aux normes de crash et ne pas rogner sur l’espace intérieur.
Une arrivée sur le marché fin 2026
Ce Mercedes-Benz VLE vous intéresse ? Encore un peu de patience : la marque espère le lancer fin 2026, probablement aux alentours du Mondial de l’Auto en octobre.

Pour le moment, aucune information sur les variantes proposées en France n’est communiquée, mais on a une première idée des tarifs : le VLE devrait débuter sous les 79 000 euros en version 300 et monter rapidement autour des 90 000 (voire 100 000) euros dès que la version 400 4Matic ou les équipements exclusifs sont sélectionnés.
Ce VLE ne sera donc pas donné, mais l’explosion crainte n’aura manifestement pas lieu : l’EQV actuel, bien moins sophistiqué, s’offre à partir de 87 814 euros avec une batterie bien plus petite.

Cependant, le malus au poids pourrait jouer les troubles-fêtes : annulé à la dernière minute pour 2026, il pourrait plomber le prix du VLE s’il passe en 2027, et ce même si l’abattement de 600 kg prévu pour les voitures électriques est maintenu.
Notre avis : une proposition unique
Au final, que penser de cette première découverte du Mercedes-Benz VLE ? En Europe, aucun doute possible : ce van électrique est seul au monde. Aucun concurrent ne peut approcher ce combo autonomie / vitesse de charge, tandis que ses équipements et ses prestations le classent définitivement dans la catégorie premium.

Mercedes-Benz VLE // Source : Mercedes-Benz

Mercedes-Benz VLE // Source : Mercedes-Benz
De fait, il devrait rapidement devenir le chouchou des VTC, des services de chauffeurs (les fashion weeks vont l’adorer) et de navettes de luxe en Europe – l’arrivée de la batterie de 80 kWh en 2027 devrait en remettre une couche.
Il sera en revanche intéressant de surveiller les performances du VLE en Chine. Plusieurs détails (sièges grand confort, écran arrière, réfrigérateur, conduite autonome, etc) crèvent l’abcès : Mercedes drague ouvertement les clients du marché des vans de luxe, mais les marques locales n’ont pas attendu les Allemands.

La vraie percée de Mercedes-Benz dans ce marché très singulier viendra peut-être du VLS, version ultra-luxueuse du VLE, qui poussera les curseurs de confort, de présentation et de connectivité encore plus loin.