Finesse, raffinement et équipement aussi complet que performant sont les ingrédients utilisés par Motorola pour faire de son smartphone Signature un modèle du genre.
L’offre de smartphones Motorola est complète. Des modèles pliants de la gamme razr aux moto e (économiques), en passant par les moto g (bas du milieu de gamme) et les edge (haut du milieu de gamme, tous les prix et tous les usages sont couverts.
Et comme nos tests du razr 60 Ultra, du edge 70 ou encore du moto g86 le montrent, ces smartphones ne manquent pas de séduire et de s’affirmer comme des appareils avec qui il faut compter, dans leurs gammes de prix respectives.

Si le edge 70 avait su nous séduire, par certains aspects, comme sa finesse et sa légèreté, certaines limitations nous avaient aussi refroidis : les performances limitées (pour un smartphone vendu 800 euros), une autonomie modeste (en raison d’une batterie de faible capacité) et un équipement photo minimal.
Avec le Signature, le constructeur propose une sorte de « super edge 70 », équipé d’un processeur plus performant, d’une plus grosse batterie et non plus de trois objectifs photo avec des capteurs de 50 mégapixels, mais de quatre, dont un téléobjectif. Le tout dans un boîtier presque aussi fin et très séduisant.
La formule du smartphone ultra-fin parfait aurait-elle enfin été mise au point par Motorola ? Toutes les réponses dans ce test.

Design
À l’instar du edge 70, ce qui surprend immédiatement, lors de la première prise en main du Signature, c’est sa finesse et sa légèreté. Du coup, le smartphone s’avère étonnamment agréable à manipuler.
Il bénéficie en effet d’un format extra-plat : 16,2 x 7,6 cm et 7 mm d’épaisseur. Certes, c’est 1 mm de plus que les autres smartphones dits « ultra-fins », comme l’Apple iPhone Air (5,6 mm), le Samsung Galaxy S25 Edge (5,8 mm) ou encore le Motorola edge 70 (6 mm).

Mais c’est également 1 mm de moins que bons nombre de smartphones « classiques », dont l’épaisseur est – en moyenne – de 7,8 à 8 mm.
Idem pour le poids. Le Signature pèse 186 grammes. Il ne fait donc pas partie des modèles les plus sveltes, dont le poids est d’environ 160 à 170 grammes. Toutefois, il s’avère également plus léger que la moyenne (environ 200 – 210 grammes).

Un autre atout de taille du Signature réside dans ses finitions exemplaires. Le smartphone est proposé dans deux coloris : Pantone Martini (vert olive, le modèle que nous avons testé) ou Pantone Carbone (noir).
Au dos, le logo du constructeur est subtilement intégré, alors que bloc optique carré, s’extrait discrètement du boîtier. Celui-ci se compose d’une plaque métallique où sont intégrés les trois objectifs dorsaux, ainsi que le flash.

Cerise sur le gâteau, le dos du Signature arbore une finition « effet lin sergé », douce, très agréable, et sur laquelle aucune trace de doigts (ou d’autre chose) ne peut rester.
D’autre part, le smartphone devrait bien résister aux mauvais traitements du quotidien. En plus d’être certifié IP68/69, gage d’une étanchéité totale, son écran est abrité derrière une couche de verre de type Corning Gorilla Glass Victus 2. De plus, son cadre en aluminium assure une certaine résistance aux chutes.
Le tout est complété par un lecteur d’empreintes digitales (au bas de l’écran) et quatre touches de contrôle : les premières sont incontournables, puisqu’elles servent à modifier le volume sonore des haut-parleurs et à démarrer / éteindre le smartphone.

La quatrième, en revanche, est plus originale. Il s’agit de la touche IA, placée à l’opposé des trois autres. Elle permet de réaliser rapidement deux opérations, suite à un double clic ou à une pression longue.
Même principe pour la touche de démarrage. Son comportement diffère selon le type de pression (voir plus bas, la partie logicielle).
Écran
Le Motorola Signature embarque un grand écran, de 6,8 pouces, avec une dalle OLED, qui arbore de très fines bordures et sur laquelle on ne voit qu’une petite ouverture, en forme de poinçon, abritant le capteur photo frontal.
L’affichage s’avère particulièrement précis, puisque les images sont affichées en 2780 x 1264 pixels.

D’autre part, le taux de rafraichissement maximal est de 165 Hz, ce qui n’est pas vraiment indispensable, selon nous. On ne va toutefois pas reprocher au constructeur d’exploiter, comme ses concurrents, les dernières technologies disponibles, même si cela devient un peu ridicule (sur un smartphone en tout cas !).
En fait, le constructeur s’avance même un peu en annonçant 165 Hz. En effet, on note que seules les fréquences 60 Hz et 120 Hz sont proposées, en plus du mode « Intelligent et équilibré » (fréquence variable jusqu’à 120 Hz).

Cela s’explique par le fait que le taux de rafraichissement de 165 Hz n’est utilisé – d’après Motorola – que lorsqu’un jeu est identifié. Mais lequel ? Car, lors de nos tests, le framerate maximal n’était que de 120 images par seconde dans Fortnite.
Bien sûr, on a la possibilité de fixer la fréquence d’affichage à 60 Hz, afin de réduire la consommation électrique, et ainsi optimiser l’endurance du smartphone.
De plus, la technologie LTPO permet de faire varier très finement le taux de rafraichissement, lorsque le mode Intelligent et équilibré (utilisé par défaut) est actif.

Le constructeur annonce une luminosité maximale de 6200 nits. Mais cette valeur n’est atteinte que lors des pics HDR. En situation « normale », la donne change. Armés de notre sonde Calibrite Display Pro HL et du logiciel CalMAN Ultimate de Portrait Displays, nous avons en effet mesuré une luminosité de base d’environ 500 nits (une valeur dans la moyenne), qui peut grimper à 1550 nits, en activant la Luminosité automatique. Ce dernier résultat se situe dans la fourchette haute et permet de bénéficier d’une bonne lisibilité, en extérieur, sous le soleil par exemple.
Trois profils colorimétriques sont proposés dans les paramètres d’affichage. Celui qui nous semble le plus performant est appelé Couleurs lumineuses (les deux autres sont appelés Couleurs naturelles et Couleurs éclatantes). Il permet d’obtenir une excellente fidélité des couleurs (Delta E moyen de seulement 1,65), une température moyenne des couleurs particulièrement neutre (6677 K) ainsi qu’une couverture colorimétrique impeccable (147 % pour le gamut BT-709, 99 % pour le DCI-P3 et 66 % pour le BT.2020).

De quoi bénéficier de superbes images, en particulier pour le streaming vidéo, avec des contenus compatibles Dolby Vision et HDR10+, pour lesquels l’écran du Signature est certifié.
Précisons enfin que – comme cela devient de plus en plus courant – l’écran peut être utilisé sous la pluie sans aucun problème.
Performances
Le processeur Snapdragon 8 Gen 5 dont est doté le Motorola Signature, a déjà été rencontré dans le OnePlus 15R, par exemple. Si ce n’est pas la puce la plus performante de Qualcomm à l’heure actuelle, elle suffit amplement pour répondre aux besoins les plus divers, tout en assurant (en théorie) une montée en température raisonnable lors des tâches longues et intensives.

Avec un score Antutu v10 d’un peu plus de 2.2 millions (et d’un peu plus de 3 millions pour Antutu v11), le Snapdragon 8 Gen n’est surpassé – logiquement – que par son grand frère, le Snapdragon 8 Elite Gen 5 (score Antutu v10 de 2,8 millions), présent dans le Xiaomi 17 Ultra que nous avons récemment testé.
Autant dire qu’on dispose d’une grande réserve de puissance pour effectuer toutes les tâches exigeantes envisageables sur un smartphone, avec une réactivité optimale.
Et lorsqu’il s’agit de jouer, on a le choix : on peut bénéficier d’animations comportant un maximum de 120 images par seconde dans Fornite. Certes, cette fluidité extrême n’est atteinte qu’avec le niveau graphique le plus bas, mais la réactivité est irréprochable.
D’un autre côté, on peut également opter pour la meilleure qualité graphique (mode Epique), et obtenir un framerate qui culmine à tout instant à 60 images par seconde.

Le seul problème du Snapdragon 8 Gen 5 réside dans son échauffement excessif, qui le force à brider fortement ses performances. C’est un point à surveiller si pousse le smartphone dans ses derniers retranchements.
Bon point, malgré la température maximale très élevée du CPU, celle du smartphone — telle que ressentie lorsqu’on tient l’appareil en main — demeure quasiment normale, tiède tout au plus.

Logiciel
Livré avec Android 16, le Motorola Signature devrait rendre service pendant de longues années. En effet, le constructeur indique que le système d’exploitation sera mis régulièrement à jour, pendant 7 ans (les mises à jour de sécurité seront également proposées pendant cette période).

En l’état actuel des choses, on apprécie le fait que le système ne soit pas envahi par les pourriciels (il n’y en a aucun !).
De plus, le système est truffé de fonctionnalités pratiques. Ainsi, on retrouve la désormais classique barre latérale, qui procure un accès rapide aux messages, à l’agenda, à Chrome, à YouTube, à la calculatrice, etc.
D’autre part, on dispose de plusieurs autres moyens de lancer certaines fonctions ou applications, via les touches IA et de démarrage, comme nous l’avons déjà indiqué, ou en double tapotant au dos du smartphone (et il est souvent possible de modifier les réglages de base). On peut également double tapoter au dos du smartphone.
Il est également facile de partager l’écran, pour garder un œil sur deux applications simultanément (un geste de l’index suffit).
Enfin, le système reconnaît certains gestes, qui déclenchent automatiquement une capture d’écran ou le lancement de la lampe torche.


Pour ce qui est de l’intelligence artificielle, le constructeur propose ses services Moto AI :
- Débriefe-moi : synthèse des différentes notifications reçues dans la journée.
- Prendre des notes vocales, avec transcriptions.
- Mémorise : sauvegarde d’images ou de notes vocales, puis analyse et recherches possibles par IA.
- Image Studio : génération d’images en tapant un texte ou en dessinant un croquis à l’écran.
- Playlist Studio : fonctionne avec Amazon Music, pour apporter des suggestions musicales.
Enfin, si les fonctions de retouche photo sont nombreuses, certaines – très en vogue grâce à l’IA, comme l’extension d’image – ne sont pas présentes.

Photo
Comme nous l’avons déjà indiqué, le Signature totalise quatre objectifs, chacun équipé d’un capteur de 50 mégapixels.
Ceux-ci exploitent tous la technologie Quad Pixel Binning, pour capter plus de lumière et ainsi produire des images plus détaillées, en particulier lorsque la luminosité ambiante est très basse, de nuit par exemple. Les photos sont donc capturées par défaut en 12,6 mégapixels.

Et on ne peut que saluer le fait que l’évolution par rapport au Motorola Edge 70 se matérialise par l’arrivée d’un téléobjectif. La configuration dorsale est donc la suivante :
- Objectif principal, grand-angle (focale de 23 mm et ouverture de f/1,6).
- Objectif ultra grand-angle.
- Téléobjectif offrant une focale de 71 mm (soit un zoom optique 3x) et une ouverture de f/2.4.
Pour les selfies, l’objectif frontal offre une focale équivalente à 21 mm, avec une ouverture de f/2.0. Son capteur est un Sony Lytia 500 de 50 mégapixels (photo en 12,6 mégapixels, soit 4096 x 3072 pixels).
Grand-angle
Le capteur Sony Lytia 828 génère les photos par défaut (grand-angle) en 12,6 mégapixels, soit 4096 x 3072 pixels (il est possible d’activer un mode Ultra HD pour obtenir des clichés en 50 mégapixels).
Grâce à un dispositif de stabilisation optique du capteur, les risques de photos floues sont quasiment éliminés. Comme en témoignent les exemples ci-dessous, le niveau de détail se révèle particulièrement appréciable.
Comme c’est souvent le cas, les clichés réalisés de nuit en mode grand-angle procurent satisfaction. Avec le Signature, les moindres sources de lumière sont magnifiées, ce qui contribue à obtenir des objets parfaitement restitués.


Ultra grand-angle
En plein jour, le mode ultra grand-angle, avec sa focale de 12 mm, et une ouverture de f/2.0, permet de capturer des scènes marges sans problème particulier.



De nuit, c’est plutôt une bonne surprise. Si les photos ne sont pas toutes exemptes de tout reproche, car certaines sont floues, on arrive toutefois à obtenir des images plutôt satisfaisantes.
Toutefois, même celles qui semblent satisfaisantes, à première vue, font preuve d’un manque de précision sur leurs bords.


Zoom
Associé à un capteur Sony Lytia 600, le téléobjectif permet d’utiliser un zoom optique 3x pour faire des photos de sujets un peu éloignés, ou de les voir en plus gros plans.
Lorsque les conditions d’éclairage ambiant sont favorables, la qualité des images produites est irréprochable. Le moindre détail est parfaitement visible. La texture des différents matériaux est capturée et restituée avec précision et les couleurs fidèles à la réalité.
De nuit, même quand on se trouve éloigné d’une source d’éclairage, le zoom optique 3x peut également être utilisé et les résultats sont – la plupart du temps – exploitables.



Lorsqu’on met en action le zoom 6x numérique, la qualité des photos ne baisse quasiment pas. Il faut vraiment les regarder de près sur un grand écran pour constater, parfois, une légère diminution de la netteté. Toutefois, dans l’ensemble, les détails sont toujours bien présents.


Bien sur, plus on pousse le zoom numérique vers sa valeur maximale (100x), moins l’image est précise. A partir du zoom 20x, celle-ci devient trop approximative pour être utilisée.


Selfie
L’objectif et le capteur frontal Sony font de l’excellent travail lorsqu’il s’agit de réaliser de se prendre en photo. Même affichés en taille réelle sur un grand écran, les clichés font preuve d’une belle précision. Le grain de la peau est visible, de même que toutes les (légères) imperfections.


De nuit, à l’instar du mode ultra grand-angle, il est possible d’obtenir de bons résultats, nets et précis, ce qui n’est pas si courant.

Vidéo
Les vidéos bénéficient d’un traitement haut de gamme. Ainsi, les séquences peuvent être capturées en mode Dolby Vision, avec une définition de 8K / 4320p (30 images par seconde) ou en 4K / 2160p (avec 60 images par seconde).
Audio
Pour la partie audio, Motorola a choisi de collaborer avec Bose, spécialiste reconnu du domaine. Et force est de constater que le « Sound by Bose » fait mouche, puisque la restitution audio des deux haut-parleurs est d’excellente facture.
De plus, plusieurs profils audio peuvent être activés, pour la musique, les films, les jeux ou les podcasts. D’autre part, un mode permet d’obtenir un rendu spatialisé (pour les films) et un égaliseur à 10 plages de fréquence est présent, pour que chacun puisse trouver le réglage idéal en fonction de ses préférences.

Réseau et communication
Si le Signature est bien sur compatible 5G, il ne peut toutefois gérer qu’une seule carte physique nano SIM. En revanche, il est en mesure de prendre en charge une seconde carte, de type eSIM.
D’autre part, comme tous les smartphone haut de gamme, il n’est pas compatible avec les cartes microSD.
Et, pour les communications locales sans fil, le smartphone supporte les dernières technologies en date : Wi-Fi 7 et Bluetooth 6.

Batterie
En raison de son format particulièrement compact, le Motorola Signature est équipé d’une grosse batterie de… 5200 mAh (!).
En fait, cette capacité peut sembler quelque peu limitée, en ce début 2026. Il faut toutefois relativiser les choses, et tenir compte de la faible l’épaisseur du smartphone. C’est en effet 400 mAh de mieux que le edge 70 (4800 mAh).

Grâce à la technologie Lithium-ion Si/C (Silicium-carbone), le constructeur a tout de même réussi à intégrer une batterie de plus grande capacité que celle du récent Nothing Phone (4a), dont la capacité n’est que de 5080 mAh, malgré un poids et une épaisseur supérieurs.
Résultat, l’autonomie bureautique et multimédia, mesurée par le test de l’application PC Mark, avec une fréquence d’affichage adaptative et une luminosité de 250 nits, s’avère moyenne : 12 heures et 48 minutes.
Et si le taux de rafraichissement est fixé à 60 Hz, celle-ci augmente légèrement, d’une heure, pour atteindre un peu moins de 14 heures. De quoi utiliser le smartphone pendant une à deux journées, selon l’activité, légère ou intensive.

Pour la lecture vidéo, l’autonomie mesurée se trouve dans une bonne moyenne supérieure, avec un peu plus de 24 heures de streaming en Wi-Fi.
Enfin, le Motorola Signature peut être rechargé en utilisant un adaptateur filaire USB C, avec une puissance maximale de 90 W. C’est bien ! D’ailleurs, le constructeur annonce que la batterie peut retrouver 50 % de sa charge en seulement 15 minutes.
Mais, pour cela, il faut absolument utiliser un chargeur Motorola exploitant la technologie TurboPower (le modèle délivrant une puissance de 125 W est vendu 80 euros sur le site du constructeur). Car, si – comme nous l’avons fait – on utilise un autre chargeur de 90 W (de marque Xiaomi en l’occurrence), on obtient des niveaux de recharge moins flatteurs :
- 19 % en 15 minutes
- 38 % en 30 minutes
- 57 % en 45 minutes
- 74 % en 60 minutes
- 90 % en 75 minutes
Bon point, le Signature supporte la recharge sans fil, avec une puissance maximale élevée (50 W). De plus, grâce à la charge inversée, le smartphone peut partager sa batterie avec un autre appareil, en filaire (10 W) ou sans fil (5 W).

Prix et disponibilité
Le Signature est le vaisseau amiral de la gamme Motorola. Par conséquent, il n’est disponible qu’en une seule version, dotée de 16 Go de mémoire et d’un espace de stockage de 512 Go. Il est proposé à 1299 euros.
Si ce prix est élevé, il n’est toutefois pas délirant, compte tenu du design et de l’équipement résolument haut de gamme du smartphone.
En bonus, le constructeur offre les écouteurs Bluetooth Moto Buds Loop ainsi que la montre Moto Watch (la pilule passe un peu mieux ainsi).