C’est sur ses terres natales, à Pékin, que j’ai pu approcher ce monstre. La SU7 Ultra n’est pas qu’un simple concept ; c’est la déclinaison radicale de la Xiaomi SU7 « classique », dopée aux hormones et à la fibre de carbone. Xiaomi ne fait pas les choses à moitié pour sa première incursion dans le monde de l’hypercar électrique.

Xiaomi ne se contente plus de fabriquer d’excellents smartphones. Avec la SU7 Ultra, le géant technologique chinois commercialise une berline électrique de 1 548 chevaux, auréolée d’un temps impressionnant de 7 minutes et 4 secondes sur l’exigeant circuit du Nürburgring.

Xiaomi SU7 Ultra

Nous avons pu prendre le volant de ce concentré de technologie directement à Pékin, sur route ouverte et fermée, pour voir ce qu’elle avait sous le capot.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les constructeurs historiques, et même Tesla, ont de quoi s’inquiéter. Voici notre essai complet.

Précisons que la version classique de la Xiaomi SU7 partage de nombreux points communs avec la version Ultra. Ce qui permet donc aussi de nous faire un avis plus global sur la SU7 au sens large et pas simplement sur cette version Ultra.

Et si vous êtes intéressé par les usines, nous avons visité l’usine de production de la Xiaomi SU7 à Pékin. Une visite où on a vu plus de robots que d’ouvriers !

Xiaomi SU7Vidéo

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Xiaomi SU7Fiche technique

Modèle Xiaomi SU7
Catégorie Berlines
Puissance (chevaux) 299 chevaux
0 à 100km/h 5,28 s
Niveau d’autonomie Conduite autonome (niveau 3)
Vitesse max 210 km/h
OS embarqué Xiaomi HyperOS
Taille de l’écran principal 7,1 pouces
Prise côté voiture Type 2 Combo (CCS)
Longueur 4,99 m
Fiche produit

Il s’agit de la fiche technique de la Xiaomi SU7 classique. Xiaomi Chine nous a prêté une Xiaomi SU7 Ultra sur une journée à Pékin.

Xiaomi SU7Design : Une agressivité assumée (et un peu m’as-tu-vu)

Dès le premier regard, la SU7 Ultra annonce la couleur. Si elle partage sa silhouette globale avec la SU7 classique que l’on commence à croiser partout en Chine, cette version « Ultra » adopte des éléments aérodynamiques très marqués.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

À l’avant, le pare-chocs intègre un large splitter (une lame inférieure) pour fendre l’air, tandis que l’arrière est coiffé d’un immense aileron en fibre de carbone de 1,56 mètre de large et d’un diffuseur actif.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Si la SU7 standard avait déjà des airs de Porsche Taycan ou de McLaren, la version Ultra pousse le curseur de l’agressivité au maximum.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Tout cela n’est pas là que pour le style : Xiaomi annonce un appui aérodynamique (la force qui plaque la voiture au sol à haute vitesse) pouvant atteindre 285 kg. C’est nécessaire quand on prétend tutoyer les 350 km/h.

Côté gabarit, c’est un beau bébé. Avec 5,11 mètres de long et un empattement (la distance entre les roues avant et arrière) de 3 mètres, on a affaire à une véritable limousine. Le poids s’en ressent : 2 360 kg sur la balance, malgré l’usage généreux de fibre de carbone.

Sur le profil, les imposantes jantes de 21 pouces laissent entrevoir d’énormes étriers de freins jaunes. C’est très expressif, presque clivant, et il sera difficile de passer inaperçu en ville, contrairement à une Tesla Model S Plaid au look beaucoup plus sage.

Xiaomi SU7Habitacle et habitabilité : sportif, mais pas spartiate

À l’intérieur, Xiaomi a réussi un équilibre intéressant entre sportivité et confort. On est loin de l’austérité de certains concurrents. L’ambiance respire le premium, voire le luxe, avec une profusion d’Alcantara et de carbone. Les sièges baquets maintiennent fermement, et les surpiqûres jaunes (assorties aux ceintures de sécurité) apportent cette touche de personnalisation qu’on apprécie.

L’espace à bord est généreux. Grâce à l’empattement de 3 mètres, les passagers arrière ont de la place pour les jambes, même pour des trajets de 1000 km. On trouve deux ports USB-C et, astuce géniale issue de l’écosystème Xiaomi, des points de fixation magnétiques au dos des sièges avant pour y clipser des tablettes (iPad ou Xiaomi Pad), mais aussi sur la planche de bord pour fixer des support à smartphone ou à GoPro, pour filmer ses courses.

Du côté des bagages, le coffre arrière de 454 litres n’est pas le plus grand de la catégorie en raison de son ouverture de type malle (et non un hayon), mais il est complété par un coffre avant (le fameux frunk) de 105 litres.

Ce dernier est spacieux – il se situe entre celui d’une Model 3 et d’une Model S – et possède l’avantage d’être motorisé. Une simple pression sur un bouton ou depuis l’application permet de l’ouvrir et de le fermer, une attention pratique au quotidien.

Xiaomi SU7Infodivertissement : la leçon de Xiaomi

C’est ici que Xiaomi met une claque à l’industrie automobile traditionnelle, et même à certains acteurs de la tech. L’écran central de plus de 15 pouces est fluide, réactif, mais surtout pensé comme une interface de smartphone.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

L’OS permet un vrai multitâche : vous pouvez afficher trois applications simultanément, redimensionner les fenêtres, les déplacer d’un geste… C’est intuitif et très naturel. Le système permet aussi le « screen mirroring » : vous pouvez projeter n’importe quelle application de votre téléphone Xiaomi directement dans une tuile de l’écran principal. Waze n’est pas dans le store ? Pas grave, projetez-le depuis votre mobile.

C’est là qu’on réalise que Xiaomi n’a pas juste mis un iPad dans une voiture. Ils ont intégré leur écosystème. Apple aurait dû faire ça. Si l’Apple Car avait existé, elle aurait ressemblé à ça.

Pour le conducteur, un petit écran d’instrumentation derrière le volant affiche l’essentiel, complété par un affichage tête haute (HUD) très complet qui projette même la navigation. Une fois qu’on y a goûté, impossible de revenir en arrière (coucou la Model 3).

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

À l’arrière, Xiaomi a prévu des fixations pour attacher des tablettes (MiPad ou même des iPad d’Apple). Celles-ci ne sont pas de simples écrans passifs : elles se connectent au système de la voiture pour permettre aux passagers arrière de gérer leur climatisation ou de changer de musique.

Xiaomi SU7Aides à la conduite et technologies

La SU7 Ultra est bardée de capteurs. Elle propose une conduite semi-autonome de niveau 2, similaire au FSD de Tesla ou à l’Autopilot avancé. En Chine, vous rentrez l’adresse et la voiture gère une grande partie du trajet.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Nous n’avons pas pu tester cette fonctionnalité, mais avons pu apprécier la performance du régulateur adaptatif de vitesse couplé au centrage dans la voie.

Le système de caméras à 360 degrés est particulièrement bien fait. La modélisation est précise et permet, par exemple, de voir exactement où se posent les roues avant pour éviter de « râper » ces magnifiques jantes de 21 pouces contre un trottoir. Indispensable vu le gabarit de l’engin.

Xiaomi SU7Conduite et performances : 1500 chevaux, est-ce bien raisonnable ?

Venons-en aux performances, qui sont tout simplement déraisonnables. La SU7 Ultra repose sur une architecture à trois moteurs électriques : un à l’avant (288 kW) et deux à l’arrière (425 kW chacun). La puissance cumulée atteint 1 548 chevaux pour un couple gigantesque de 1 770 Nm.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Le fait d’avoir deux moteurs indépendants à l’arrière permet ce que l’on appelle le torque vectoring (la vectorisation du couple). Le système peut envoyer plus de puissance sur la roue arrière extérieure lors d’un virage pour aider la voiture à pivoter de manière beaucoup plus dynamique, donnant l’impression que ce mastodonte de 2,3 tonnes est beaucoup plus léger qu’il n’y paraît.

Le 0 à 100 km/h est abattu en 1,98 seconde. En activant le mode « Launch Control », la voiture se penche vers l’avant (façon guépard prêt à bondir, une posture similaire à celle de la Model S Plaid) avant de vous catapulter avec une violence qui coupe littéralement le souffle.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Pourtant, le plus surprenant reste son comportement en conduite douce. Grâce à ses suspensions pneumatiques à double chambre, la voiture filtre remarquablement bien les irrégularités de la route en mode « Confort ».

Un autre détail intéressant : les sièges baquets sont actifs. Dans un virage appuyé, les renforts latéraux se gonflent en une fraction de seconde pour maintenir votre corps en place. Au final, on a une voiture extrêmement docile en ville, qui se transforme en véritable supercar sur circuit d’une simple pression sur l’écran.

Xiaomi SU7Consommation, autonomie et recharge : le point fort inattendu

Pour alimenter ces trois moteurs, Xiaomi a intégré une batterie de 93,7 kWh (la Qilin 2.0 développée par le géant chinois CATL). L’autonomie annoncée est de 630 km selon le cycle d’homologation chinois CLTC. Il faut savoir que cette norme est très optimiste par rapport à notre standard européen WLTP.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Dans nos contrées, on peut estimer l’autonomie autour de 555 km WLTP (contre environ 720 km pour la SU7 classique dotée d’une plus grosse batterie et de moins de moteurs). C’est inférieur aux 700 km WLTP d’une Tesla Model S Plaid, mais cela reste très confortable pour tailler la route en vacances.

C’est sur la recharge que Xiaomi frappe un grand coup. Grâce à une architecture 800 volts et à des cellules capables d’encaisser une puissance de charge extrêmement élevée (taux de charge de 5.2C), la SU7 Ultra passe de 10 à 80 % de batterie en seulement 11 minutes.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

C’est l’un des temps de recharge les plus rapides au monde, supplantant largement les 25 minutes demandées par une Model S Plaid, et faisant jeu égal avec les meilleures architectures de Porsche ou BYD.

Même si ce dernier fait mieux depuis peu, avec un 10 à 80 % en 7 minutes, sur des modèles bien spécifiques, tout comme son concurrent Zeekr.

Nous avons pu observer une très belle courbe de recharge sur une borne de 250 kW, avec une puissance de 250 kW quasiment entre 50 à 80 % avant de descendre à 100 kW à 90 % et 50 kW à 100 %. Dit autrement : même un plein entier est très rapide.

Xiaomi SU7Prix et disponibilité

Toute cette technologie a un prix, mais celui-ci défie la concurrence locale. En Chine, la Xiaomi SU7 Ultra a été lancée à 529 900 yuans, soit environ 70 000 euros au taux de conversion brut. À titre de comparaison, la SU7 d’entrée de gamme y est commercialisée autour de 30 000 euros.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Même à ce tarif « Ultra », le rapport prix/performances est imbattable face à une Porsche Taycan Turbo GT ou une Model S Plaid. Lei Jun, le patron de Xiaomi, avait d’ailleurs reconnu l’an dernier que l’entreprise perdait de l’argent sur chaque modèle de base vendu. Il est fort probable que cette version Ultra, au placement beaucoup plus premium, permette à la marque de dégager enfin de la marge.

Pour l’instant, la Xiaomi SU7 et sa variante Ultra sont réservées au marché chinois. Aucune commercialisation en France n’est confirmée à court terme, bien que l’on commence à en voir occasionnellement importées à titre isolé en Europe.

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