Nous y voilà, la plateforme MEB+ (MEB Small), appelée en interne MEB21, de Volkswagen arrive sur le marché. Un lancement important pour le groupe allemand auquel Skoda appartient. Après avoir proposé des essais de la Cupra Raval et de la Volkswagen ID.Polo, c’est Skoda qui nous laisse l’opportunité de prendre le volant en avant-première de son SUV abordable Epiq, attendu à environ 25 000 euros.
Fiche technique
| Modèle | Skoda Epiq |
|---|---|
| Dimensions | 4,17 m x 1,80 m x 1,62 m |
| Puissance (chevaux) | 210 chevaux |
| 0 à 100km/h | 7,4 s |
| Niveau d’autonomie | Conduite semi-autonome (niveau 2) |
| Vitesse max | 160 km/h |
| Taille de l’écran principal | 13 pouces |
| Prise côté voiture | Type 2 Combo (CCS) |
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Essayez-la |
Fiche produit |
Design : « modern solid »
Depuis 2020, Skoda parle d’un design Modern Solid incarné par le concept Vision 7S. Un coup de crayon épuré mais robuste, avec des proportions généreuses permettant à la fois du caractère mais aussi de l’espace à bord.
Ainsi, le Skoda Epiq suit cette lignée, dont le premier modèle véritablement Modern Solid est l’Elroq, son grand frère. On retrouve alors une face avant Tech Deck Face avec un bandeau noir entre les projecteurs, la forme de ce bandeau est trapézoïdale, intégrant au milieu un insert carrosserie. En bas du pare-chocs, une grille accueillant des volets actifs compte 8 fentes, ce qui n’est pas sans rappeler le style de certaines Jeep.

De profil, c’est simple : pas de poignées de portes intégrées à la carrosserie, des barres de toit pour lui donner un côté aventurier, des passages de roues et des bas de portières avec un habillage noir mat ; curieusement, le bas de caisse est peint couleur carrosserie et est visible sous cet habillage plastique. On remarque l’inscription Skoda sur les piliers C. Les jantes vont jusqu’à 20 pouces dans la version haut de gamme.

À l’arrière, les ingénieurs ont le choix d’optiques fines en forme de T, favorisant une ouverture de coffre élargie au maximum. Sur le passage de roues arrière, on remarque un petit déflecteur d’air. On retrouve aussi l’effet de 8 fentes, identique au pare-chocs avant.

Alors oui, vous ne voyez que des photos du Skoda Epiq encore camouflé, avec un motif rappelant les ballons du film Là-haut. Le constructeur n’a pas laissé faire de photos du modèle présenté en intérieur ; il faudra attendre le lancement officiel du modèle pour le découvrir. Pour l’instant, vous devez me croire sur parole et attendre la présentation complète de l’Epiq prévue pour le printemps 2026.

Côté dimensions, on note une longueur de 4,17 m, une largeur de 1,80 m et une hauteur de 1,58 m. Le Skoda Epiq est définitivement un SUV compact venant faire face aux Peugeot 2008, Renault 4, Kia EV2, future Hyundai Ioniq 2 et Citroën ë-C3 Aircross… Skoda le compare au Kamiq, équivalent thermique dans sa gamme.
Côté masse, j’ai relevé un poids de 1,6 tonne sur le document d’immatriculation allemand de notre version d’essai, embarquant la plus grosse batterie de la gamme. Le coefficient de pénétration dans l’air (cx) est de 0,275 Cd. Skoda a travaillé sur ce point, avec notamment un soubassement totalement caréné.
Habilité : le plus petit SUV Skoda mais suffisant pour une petite famille
Avec 4,17 m, l’habitabilité est forcément en retrait face à un Elroq ou un Enyaq, les autres SUV électriques de Skoda. En revanche, elle est toujours à la hauteur de la réputation de la marque.
Les passagers avant sont bien accueillis, profitent d’un accoudoir central et de nombreux rangements, notamment sous la console intégrant le chargeur de smartphone par induction. Un emplacement est prévu pour le smartphone à la verticale, avec un petit trou sous ce rangement pour laisser passer un câble de charge.
À l’arrière, un adulte d’1,80 mètre peut prendre place sans trop se sentir à l’étroit. La place centrale de la banquette ne souffre pas d’un tunnel de transmission gênant les pieds, puisque le plancher est totalement plat.

On retrouve toujours les astuces « Simply Clever » de Skoda, comme le parapluie dans la portière conducteur ou le grattoir à givre dans la garniture du hayon. D’ailleurs, le coffre propose un volume de 475 litres, plutôt convaincant, d’autant plus que sous la tablette arrière, un important espace de rangement est proposé. Sur la version qui m’a été donnée à voir, il intègre le caisson de basses du système audio Canton optionnel et le kit anticrevaison.

Essai Skoda Epiq Prototype // Source : Skoda

Essai Skoda Epiq Prototype // Source : Skoda
Des sacoches sont proposées pour ranger le câble de charge, elles viennent en place sur le dossier de la banquette, côté coffre. On peut aussi imaginer y glisser des chaussures de marche sales après une sortie en forêt. Un frunk (coffre avant) de 18 litres sera aussi proposé sur la version de série. Cet espace de rangement sera anecdotique et permettra par exemple de stocker le câble de charge ou le kit anticrevaison pour récupérer un peu d’espace dans le coffre.
L’habitabilité est bonne, et Skoda a travaillé pour y arriver. En effet, contrairement à ses autres modèles électriques, le moteur est passé à l’avant pour gagner en espace intérieur mais aussi en coffre. Il ne devrait donc pas y avoir de version quatre roues motrices de l’Epiq.
Infodivertissement : le secret est bien gardé
La version d’essai que j’ai pu conduire avait un écran d’infodivertissement camouflé. J’ai pu brièvement le prendre en main avec la version sans camouflage présentée en statique, mais pas le prendre en photo.
L’écran sera de série, d’une taille de 13 pouces ; sa réactivité est satisfaisante, autant que celle actuellement proposée dans l’ensemble du groupe Volkswagen, il sera compatible Apple Carplay et Android Auto.
La présentation du système rappelle celle du système MIB4 actuellement utilisé par les autres modèles Skoda, Volkswagen, Cupra…, mais on voit quelques modifications de présentation.
Le combiné d’instrumentation est simple : il s’agit de l’écran de 5 pouces que nous avons pu retrouver sur des modèles comme l’ID.7 ou l’ID.3 de Volkswagen. Il affiche la vitesse, l’autonomie et le pourcentage de batterie restant, la consommation, le régulateur de vitesse adaptatif… Impossible de tout afficher en même temps cependant. Il faudra faire un choix, car seulement 5 pouces imposent de faire des choix. Son aspect toutefois minimaliste ne distrait pas trop de la conduite.
Au quotidien, les clients apprécieront la fonction Digital Key permettant de déverrouiller le véhicule avec un smartphone et d’enregistrer plusieurs appareils pour le véhicule.
Aides à la conduite : ce que vous attendiez
Avec son positionnement entrée de gamme, Skoda ne peut pas se permettre de lancer de nouvelles technologies d’aides à la conduite. On découvre en revanche la caméra Top View, recréant une vue à 360 degrés du véhicule lors des manœuvres, pratique.
Sur la route, on retrouve le Travel Assist, conduite autonome de niveau 2, du groupe Volkswagen, combinant le maintien dans la voie avec le régulateur de vitesse adaptatif. Un basique, mais appréciable sur autoroute et voies rapides.
Skoda a annoncé que la fonction Crossroad sera présente. Elle aide à s’engager sur une intersection, analysant le trafic arrivant jusqu’à 60 km/h pour éviter une collision. Toujours dans le but d’améliorer la sécurité, tout l’attirail des voitures modernes est présent, que ce soit la détection de piétons et cyclistes, la lecture des panneaux ou encore le freinage d’urgence en marche avant et arrière.
Pour ce qui est du planificateur d’itinéraire, je n’ai pas pu le tester. Skoda limitait nos interactions avec le système d’infodivertissement à la simple commande de température de climatisation ; l’exemplaire avait un cache sur l’écran central. Je ne peux donc pas vous donner mon avis sur ce dernier, mais nul doute qu’il sera similaire à ce que Volkswagen propose sur toutes ses voitures électriques.
Conduite : plus confort que les cousines citadines
J’ai pu essayer le Skoda Epiq autour de Porto sur un parcours côtier alternant entre périurbain, ville et un peu de voies rapides. La voiture paraît plutôt bien équilibrée ; sur le bitume détrempé, elle n’a pas vraiment montré de signe de comportement inquiétant. La voiture est aidée par l’antipatinage et le contrôle de trajectoire.
La prise en main est rapide et facile. Si vous êtes habitués aux voitures un tantinet modernes, vous ne serez pas perdus. De plus, le bouton de mode de conduite est physique et facilement accessible sous l’écran. Une simple pression permet de changer de mode entre Eco, Normal, Sport et Individual.

Sur autoroute, l’insonorisation est convaincante. Ne pouvant pas utiliser le système d’infodivertissement, nous avons roulé sans musique. À 100 km/h, le bruit d’eau d’une route détrempée n’est pas gênant pour tenir une conversation avec son passager.

En ville, la suspension fait preuve d’un bon traitement avec les passagers. Les pavés ne secouent pas trop, ce qui est appréciable, et la voiture ne casse pas le dos sur les ralentisseurs. Un bon point lorsque l’on sait que les voitures électriques ont tendance à être plus raides que les équivalents thermiques pour tenir le poids supplémentaire engendré par la batterie. Toutefois, le poids de 1 618 kg du Skoda Epiq 55 ne demande pas d’abuser sur la fermeté des ressorts d’amortisseurs.

Toujours en zone urbaine, le freinage régénératif à plusieurs niveaux est intéressant : il peut aller de 1,5 m/s² à 2,2 m/s², tout en proposant la fonction One-Pedal. Le conducteur pourra choisir ou non de s’en servir.
J’ai aussi remarqué une amélioration du feeling donné par la pédale de frein, certaines électriques du groupe Volkswagen avaient tendance à avoir une pédale spongieuse. Le Skoda Epiq a une pédale plus directe offrant un meilleure ressenti.
Autre argument en faveur du Skoda Epiq : son rayon de braquage de seulement 10,15 m. Une qualité que l’on retrouve aussi sur son grand frère Elroq, à la différence que l’Epiq est une traction et non une propulsion, et qui devrait normalement avoir plus de mal à braquer.

Essai Skoda Epiq Prototype // Source : Skoda

Essai Skoda Epiq Prototype // Source : Skoda
Concernant l’essai, j’ai relevé une consommation de 16,4 kWh/100 km. On ne peut pas vraiment tirer de conclusion de celle-ci, puisque la route nous était ouverte par un membre de Skoda, le rythme était plutôt dynamique, la route présentant un dénivelé important et la forte pluie venant jouer un rôle non négligeable.
Il faudra attendre un essai plus long du Skoda Epiq, aussi plus libre, pour juger de l’efficience du Skoda Epiq. Les versions d’essai n’étaient pas dotées de pompe à chaleur, une solution sera proposée dans la gamme.
Autonomie, batterie et recharge
Lors de cet essai, j’ai pu prendre le volant du Skoda Epiq 55, celui qui sera le premier à arriver en concession. Il s’agit de la plus « grosse » motorisation.
Elle délivre 210 chevaux et 290 Nm, puisant son énergie dans une batterie LFP d’une capacité nette de 51,7 kWh (masse de 297 kg). Skoda table sur une autonomie WLTP d’environ 430 km, ce qui est plus qu’une Renault 5 avec une batterie de taille comparable mais appartenant au segment plus compact des citadines.
Cette version 55 peut accepter une puissance de charge de 133 kW, permettant un 10 à 80 % en 23 minutes. Cette motorisation arrivera au mois de juin 2026 selon Skoda.

En novembre 2026 arriveront les versions 30 et 45 du Skoda Epiq. Pour ces deux versions, la batterie embarquée est une NMC d’une capacité brute de 38,5 kWh. L’autonomie espérée est de 310 km en cycle WLTP, ce qui en fait des versions plus urbaines, moins polyvalentes.
La différence entre les deux modèles vient de la puissance, de 85 kW, soit 115 chevaux pour l’Epiq 30, et de 99 kW, soit 135 chevaux pour l’Epiq 45, mais aussi de la puissance de charge. L’Epiq 45 peut tolérer jusqu’à 90 kW en pic de charge, offrant un temps de charge de 10 à 80 % en 28 minutes.
Pour l’Epiq 30, la puissance de charge est de seulement 50 kW. Skoda n’annonce pas encore de temps de charge pour cette motorisation, mais on imagine au moins 45 minutes.
Prix, concurrence et disponibilité
Le prix officiel n’est pas encore annoncé. Depuis le premier concept de l’ID.2, devenue ID.Polo, ou encore du Skoda Epiq, on parle d’un prix de 25 000 euros.
Toutefois, le Skoda Epiq pourrait être légèrement plus onéreux en France. Le constructeur devrait faire le choix de ne pas importer la finition d’entrée de gamme, celle qui est attendue à 25 000 euros. Le prix devrait débuter à 26 000 euros en France, avec un équipement correct et des finitions améliorées, car il faut avouer que nos prototypes d’essai étaient décevants sur ce point.
Mais bonne nouvelle, ce prix de 26 000 euros est vraisemblablement avant bonus écologique (coup de pouce CEE), soit celui affiché au catalogue de Skoda. Le Skoda Epiq, étant produit en Espagne, à Pampelune, profitera de l’aide gouvernementale à l’achat d’une voiture électrique, et même de la sur-prime pour une batterie d’origine européenne. En cumulant toutes ces aides, le Skoda Epiq devrait arriver à environ 20 000 euros pour les clients français.
Disons-le, si cela se confirme au printemps lors de l’arrivée du Skoda Epiq, le SUV tchèque sera promis à une belle réussite et pourrait mettre à mal la concurrence. Pour avoir la confirmation, il faudra attendre le mois de juin prochain, date du début de commercialisation du Skoda Epiq.