On se concentre énormément sur les Tesla Model 3 et Y neuves, mais ce serait oublier qu’avant elles, le constructeur américain a lancé les Model S et X. Des modèles haut de gamme, qui se retrouvent maintenant à des tarifs intéressants sur le marché de l’occasion. Ce chauffeur de taxi a fait le choix d’une Model S d’occasion à la place d’une Model 3 neuve, et voici son témoignage

Taxi en Tesla Model S

Une Tesla Model S d’occasion pour le prix d’une Tesla Model 3 neuve ? C’est en effet possible, la grande routière haut de gamme de Tesla a connu une décote importante, les modèles vendus plus de 90 000 euros neufs se trouvent aujourd’hui à partir de 20 000 euros pour les premiers modèles, et 40 000 euros pour les versions plus haut de gamme et avec les plus grandes batteries.

Il y avait donc un questionnement logique pour Jean-Michel, ce chauffeur de taxi souhaitait passer au 100 % électrique, après plusieurs voitures essence converties à l’éthanol, des hybrides Lexus et un passage apprécié au véhicule électrique doté d’un prolongateur d’autonomie avec une Opel Ampera.

L’objectif était de réaliser des économies sur le carburant pour augmenter le bénéfice de sa société. Jean-Michel aura finalement choisi une Model S d’occasion, pour plusieurs raisons mais la principale est la charge gratuite !

La Tesla Model S 85D : une grande routière au prix d’une citadine électrique

La décote est clairement hallucinante ! Le premier propriétaire de la Tesla Model S 85D de Jean-Michel a réglé en 2015 une facture de plus de 90 000 euros pour s’offrir la voiture neuve. À l’époque, Tesla était encore confidentiel, vendu uniquement dans quelques centres en France à une clientèle de geeks, avertis sur les voitures électriques.

Jean-Michel avoue avoir été rapidement conquis par la proposition de Tesla, de sa grande berline et du réseau du Superchargeur naissant. Mais à l’époque, il ne voulait pas s’endetter assez lourdement pour un véhicule qui allait connaître une importante décote, d’où les passages en Opel Ampera, Lexus LS600hL (un peu moins raisonnable mais aussi pour son plaisir) et en Lexus IS300h qu’il aura beaucoup appréciée.

En passant dans les concessions auto des marques concurrentes pour l’entretien ou le renouvellement de ses taxis, Jean-Michel a toujours été surpris du manque de clairvoyance de certains vendeurs auto qui ne croyaient absolument pas en la réussite du modèle de Tesla. Mais 10 ans plus tard, nous sommes tous forcés de constater que les constructeurs historiques tentent pour la plupart d’imiter Tesla, avec les Model Y et Model 3 comme références…

Mais à l’époque, uniquement la Model S et le Model Y existaient, avec des batteries allant de 60 à 100 kWh. Très vite, Jean-Michel a écarté de ses recherches les 60, 70 et 75 kWh, considérant l’autonomie trop faible pour son usage.

L’idéal selon lui aurait été de trouver une P90D ou une P100D, avec les plus grosses batteries et les moteurs les plus puissants de l’époque, pour à la fois remplir ses contraintes d’autonomie mais aussi satisfaire sa soif de sensations avec le fameux 0 à 100 km/h expédié en moins de 3 secondes avec le mode Ludicrous.

Mais ce sera finalement sur une Model S 85D de 2015 que Jean-Michel aura jeté son dévolu, motivé par une affaire proche de chez lui et vendue par le premier propriétaire ayant parcouru seulement 29 000 km avec le véhicule en 7 ans !

Pour entrer dans le détail de ce modèle, la S 85D utilise une batterie de 85 kWh (81,5 kWh utiles), deux moteurs pour une puissance cumulée de 422 chevaux, pour un 0 à 100 km/h en 4,4 secondes, tout de même !

Et une autonomie WLTP annoncée à 510 km en théorie. Cette version a été commercialisée de novembre 2014 à janvier 2016, on vous passera sur les très nombreuses versions de la Model S durant sa carrière, mais retenez que pour l’époque 2014, on est sur ce qui se fait de mieux en voiture électrique, mais malgré tout Tesla avait une politique marketing agressive pour motiver les achats, dont la charge gratuite à vie !

L’argument clé : la recharge gratuite à vie sur les Superchargeurs

Si vous vous intéressez depuis peu à la marque Tesla, vous savez que les propriétaires d’un véhicule de la marque ont des tarifs plus avantageux lors d’une charge sur un Superchargeur Tesla en comparaison d’un autre véhicule. Mais vous ne savez peut-être pas que, pendant un temps, Tesla a vendu des voitures comprenant la charge gratuite à vie !

Véritable argument marketing pour déclencher des ventes, cet avantage a concerné les Tesla Model S et Model X vendues neuves jusqu’au début de l’année 2017. Ce qui est unique, c’est qu’il ne s’agit pas d’une offre seulement pour le premier propriétaire du véhicule, vous savez, celui ayant réglé une facture proche de 100 000 euros ou plus pour le modèle neuf, non, la charge gratuite était liée au numéro de série du véhicule, ce qui fait qu’elle est transférable lors d’une vente du véhicule d’occasion !

En théorie, toutes les Tesla commercialisées avant 2017 profitent de la charge gratuite sur les Superchargeurs, sauf si le véhicule a été repris et revendu par Tesla. Le constructeur essaie de faire disparaître cet avantage, qui s’avère aujourd’hui plutôt embarrassant.

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Une fois que Tesla a commencé à se faire connaître, la charge gratuite à vie a disparu de l’offre, remplacée par une charge gratuite seulement pour le premier propriétaire, qui n’est en théorie pas transférable aux suivants. C’est alors ce qui explique le choix de Jean-Michel pour une Tesla Model S de 2015 : la charge gratuite à vie sur le réseau de Superchargeurs Tesla !

Après avoir fait changer la prise d’origine pour un combo CCS plus moderne, moyennant 262 €, Jean-Michel peut maintenant s’arrêter sur tous les Superchargeurs Tesla sans avoir à régler un centime pour charger son véhicule. Des économies importantes pour une personne roulant 80 000 kilomètres par an.

Source : Paul-Emile CASSORET pour Frandroid

Le plan est simple : il planifie ses trajets via le planificateur compris dans le véhicule, ayant en mémoire les stations Tesla. De mémoire, il ne se souvient pas avoir chargé ailleurs que chez Tesla, sauf peut-être dans des supermarchés Carrefour profitant de 30 minutes gratuites avec la carte de fidélité.

L’objectif pour lui est de planifier correctement ses charges pour avoir à charger à domicile simplement de petits compléments et en heures creuses, car l’application Tesla permet, même avec un véhicule de 10 ans, de différer le début de la charge à distance, ce que ne permet toujours pas Peugeot avec la version gratuite de son application…

Les concessions à faire pour profiter de la charge gratuite: moins d’autonomie et des technologies vieillissantes

Mais voilà, pour profiter d’une charge gratuite à vie sur une Tesla, il faut accepter de rouler avec un véhicule de 2017 au mieux, la plupart des Model S sont donc avant le restylage de 2016 et ont encore les défauts de première jeunesse, Jean-Michel nous a fait part d’un intérieur aux finitions moyennes, l’absence de poignées de maintien à bord, les sièges trop peu enveloppants ou encore l’absence de console centrale et le manque de rangement à bord d’origine.

Et c’est vrai qu’on remarque un monde entre l’habitacle d’une berline Tesla de 2015 et d’une autre berline premium de même prix et de la même époque. On sent que Tesla venait de débuter dans l’automobile et que certaines habitudes de conception n’étaient pas présentes. Ici, les Tesla Model 3 se sont améliorées mais le manque de commandes physiques, et l’absence de commodos pour les clignotants restent des reproches récurrents.

Autre point marquant, Jean-Michel nous explique qu’il est quasiment mission impossible de consommer moins de 20 kWh/100 km de moyenne, on est plus proche de 22 kWh/100 km.

Ce qui rend impossible les 510 km d’autonomie annoncés, et réduit l’autonomie plus proche de 400 km réels, sans prendre l’autoroute, et 300 km en prenant l’autoroute. Sur ce point, une Tesla Model 3 fera bien mieux, allant jusqu’à 702 km d’autonomie WLTP pour la Grande Autonomie Propulsion, avec pas trop de difficulté pour que le conducteur garde une consommation électrique proche de celle annoncée.

Au chargeur, ce sera aussi plus lent ! La voiture étant plus ancienne, a du mal à dépasser les 120 kW de charge et réduit vite la puissance. Là aussi, c’est le moyen de constater que la courbe de charge a bien évolué et que réaliser un 10 à 80 % en moins de 30 minutes avec presque n’importe quelle voiture électrique aujourd’hui est un confort non négligeable, car avec une Model S 85D, les temps d’arrêt au chargeur sont plus proches de l’heure que de la demi-heure si on ne veut pas s’arrêter trop souvent.

Source : Tesla

Concernant les technologies embarquées, c’est aussi plus lent. Le MCU 1, développé en collaboration avec Nvidia et propulsé par la puce Tegra 3, est très vieillot, il ne reçoit plus de mise à jour, si ce n’est d’éventuels correctifs de sécurité. Il fonctionne de plus en 3G, alors autant vous dire que c’est lent, très lent.

Même naviguer dans certains menus demande de réapprendre une patience que l’on a désormais perdue vu les performances des smartphones présents dans nos poches. Mais d’un autre côté, on s’en sert que peu une fois que la voiture est configurée pour son conducteur. Pour Jean-Michel, le navigateur web n’est que gadget, et il regrette en revanche l’absence d’Android Auto ou Apple CarPlay, mais s’il avait une Tesla Model 3 plus moderne, il pourrait faire le même reproche.

Concernant la conduite autonome, Jean-Michel se satisfait de son Autopilot de première génération capable de garder les distances avec le véhicule précédent grâce au régulateur de vitesse adaptatif, ou de maintenir le véhicule au centre de la voie et parfaitement capable de suivre les lignes et courbes sur autoroute. Lors de manœuvres, il y a déjà une caméra de recul et des radars de stationnement avant-arrière, affichant la distance en cm restant avant l’obstacle sur l’écran.

Côté vie à bord, il y a ce que l’on est en droit d’attendre d’une voiture moderne, à savoir sièges chauffants, climatisation bizone, ouverture et démarrage main libre, connexion Bluetooth pour smartphone, hayon électrique, phares et essuie-glaces automatiques, sièges électriques… Une Tesla Model 3 moderne sera mieux équipée mais pas forcément d’éléments plus utiles. Il ne faut pas oublier qu’à son lancement, la Tesla Model S se voulait haut de gamme, et avait un coup d’avance sur les exigences moyennes des automobilistes, ce qui la rend encore actuelle dans son équipement même 10 ans plus tard.

La garantie Tesla a joué un rôle dans la décision

Un autre point qui a terminé de convaincre Jean-Michel pour cette Model S d’occasion disposant de la charge gratuite, la garantie Tesla sur les batteries et moteurs. Pour les Model S, et aussi les Model X, elle couvre ces éléments d’entraînement durant 8 ans ou 240 000 km, avec une rétention minimale de 70 % de la capacité de la batterie.

Son modèle ayant peu roulé, et n’ayant jamais été maintenu chargé à fond, le premier propriétaire avait été prévoyant en limitant la charge à 90 %, la batterie n’a pas dû être fortement sollicitée. De plus, si on sait maintenant que les premières batteries des Model S ont connu quelques soucis de fiabilité, celles produites depuis 2015 sont réputées bien plus durables et stables, idem les moteurs des premières versions, avant 2015, ont connu quelques soucis de jeunesse.

Jean-Michel s’était renseigné auprès de forums de propriétaires de Tesla pour ne pas se retrouver avec une version peu fiable. La seule panne qu’il a rencontrée, la poignée conducteur, le système permettant de la rétracter dans la carrosserie, est connu comme fragile.

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Alors certes, Jean-Michel n’aurait pas eu besoin de faire tout ce travail de recherche en amont en achetant une Tesla Model 3 neuve. Mais sa réflexion a été la suivante, les années écoulées pour la Model S permettent d’avoir une bonne idée de sa fiabilité et des versions à éviter pour se prémunir des problèmes.

De plus, on voit maintenant de nombreuses Tesla Model S avec des kilométrages délirant au compteur (s’approchant du million de kilomètres), plus facile de faire de la route lorsque le courant est gratuit ! Une Tesla Model 3, sera certainement globalement plus fiable, mais on ne sait pas encore comment le modèle va vieillir avec les kilomètres.

Conclusion : un choix atypique mais pas dénué de sens

En choisissant une Tesla Model S 85D d’occasion, Jean-Michel a pris une décision audacieuse mais mûrement réfléchie : accéder au confort et à la performance d’une grande routière électrique premium pour le prix d’une compacte neuve, tout en bénéficiant d’un avantage rare et précieux aujourd’hui, la recharge gratuite à vie sur les Superchargeurs Tesla.

Certes, ce choix implique quelques compromis sur la technologie embarquée ou l’autonomie réelle, mais il s’avère particulièrement intéressant dans un usage professionnel intensif, où chaque plein électrique gratuit devient un moyen d’accroître sa rentabilité, et quand le prix du carburant dépasse 2€/L, cet avantage est non négligeable.

Mais au-delà de mettre en avant la Tesla Model S, ce témoignage illustre à quel point le marché de l’occasion électrique peut réserver de belles affaires à ceux qui prennent le temps de chercher. Si vous n’êtes pas vraiment fan de la marque Tesla, vous pouvez aussi vous payer une Porsche Taycan d’occasion pour une fraction de son prix neuf, la rapprochant aussi du prix d’une Tesla Model 3 neuve.


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