Présenté en 2024 avec un dérailleur, le Montmartre était le premier vrai vélo électrique urbain de la marque française. Origine misait sur un modèle léger et polyvalent, équipé d’un dérailleur, donc.
Pour davantage convenir à une pratique urbaine, et pas forcément pour avaler quotidiennement la butte Montmartre, le VAE a été décliné en variante avec courroie. Nous avons ainsi testé cette toute nouvelle version « Air », qui conserve toutes les qualités du modèle d’origine, ainsi que l’assistance électrique Mahle X30.
S’il est possible de le configurer en mode radical à moins de 13 kg, nous avons eu pour exemplaire un modèle équipé pour le quotidien à plus de 15 kg. Que procure une telle légèreté face aux vélos électriques de ville traditionnels, généralement 5 voire 10 kg plus lourds ? Cela génère-t-il des compromis ? Nous avons roulé pendant plus de deux semaines à son guidon.
Fiche technique
| Modèle | Origine Montmartre Air |
|---|---|
| Vitesse max | 25 km/h |
| Puissance du moteur | 250 watts |
| Nombre d’assistances | 3 |
| Autonomie annoncée | 70 km |
| Batterie amovible | Non |
| Bluetooth | Oui |
| GPS | Non |
| Écran | Non |
| Poids | 13,8 kg |
| Poids maximal supporté | 120 kg |
| Phares | Oui |
| Feu arrière | Oui |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé à partir d’un modèle prêté par la marque.
Un vélo ultra-léger, épuré et au câblage intégré
Commençons par le plus remarquable atout de ce VAE. L’Origine Montmartre est probablement l’un des vélos électriques de ville les plus légers du marché. Il recourt à un cadre en aluminium, semi-ouvert, qui reste assez facile à enjamber sur la partie la plus basse.

Il dissimule son câblage au maximum, de quoi le confondre avec un vélo mécanique. Le tube diagonal inférieur est effectivement assez fin, et intègre la batterie fixe. Cette solution est reconnue pour gagner de précieux kilos en simplifiant la rigidité. La fourche rigide en carbone aide aussi à alléger le Montmartre, sans compromettre la praticité, puisqu’elle comporte 4 fixations pour d’éventuels accessoires. C’est ainsi assez épuré et beau à regarder.
A peine 16 kg tout équipé
Comme nous le disions, cette recette permet d’afficher en théorie 12,3 kg sur la balance en taille S. Or notre modèle d’essai, en taille M, vient avec son lot d’équipements traditionnels, ainsi que les pédales et le compteur non présents par défaut :
- Compteur : 50 g, 96 euros
- Garde-boues : 537 g, 38 euros
- Porte-bagages : 758 g, 53 euros
- Selle Royale Explora : +160 g (vs selle sport par défaut)
- Béquille : 311 g, 17 euros
- Pédales : 311 g, 52 euros.

Source : M. Lauraux pour Frandroid

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Au total, avec 2,13 kg en plus selon le configurateur en ligne, notre balance affiche 15,6 kg en pratique. Cela reste très bas, et même le plus léger de mémoire de testeur.
S’il ne peut être comparé au Ponomarets Eidolon sous les 10 kg ou au Nilman sous les 12 kg (non équipés), il peut être comparé à l’Angell Rapide autour de 16 kg, ou encore au Whyte RHeO2 (15,5 kg). On se surprend ainsi à le porter d’une main, comme notre bon vieux biclou mécanique. C’est agréable et surtout pratique pour le manipuler.
Un écran qui n’aime pas la nuit, heureusement y’a une appli
Optionnel par rapport à la version de base, le compteur permet de disposer d’un certain nombre d’informations. Sans lui, il faudrait se contenter de la petite console sur le tube supérieur avec son voyant qui change de couleur selon le mode et qui rapetisse au fil de la décharge de batterie. L’affichage est monochrome, ce qui le rend parfois peu lisible avec de nombreux reflets, et surtout impossible à exploiter la nuit. Oui, il n’y a aucun rétroéclairage, même avec les phares allumés…

Source : M. Lauraux pour Frandroid

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Toutefois, il fournit la vitesse, l’heure, le mode d’assistance, le pourcentage de batterie et l’estimation d’autonomie. Le tout petit bouton central fait quant à lui défiler les infos dans le coin inférieur droit : kilométrage, distance en cours, durée, vitesse moyenne, vitesse maximale et un % de puissance.
Attention, c’est un peu confus côté boutons, car nous avons ainsi 3 commandes différentes gérant les niveaux d’assistance : celle du tube supérieur, celle de l’écran, et celle à droite du guidon ! Au moins, on a le choix.
Un bilan complet de statistiques et des réglages de modes
Pour un bilan complet de statistiques, l’application Mahle MySmartBike enregistre tout. L’interface n’est pas des plus modernes, mais affiche la distance parcourue dans chaque mode, et propose de régler finement chacun d’entre eux (comme chez Bosch par exemple).
Si ce n’est pas automatique, le suivi des trajets est aussi poussé que chez Shimano avec la cadence, la puissance moteur/cycliste, et la possibilité de connecter des appareils pour la fréquence cardiaque.

Source : M. Lauraux pour Frandroid

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Ce n’est pas vraiment utile pour cet Origine Montmartre Air, mais pourquoi pas. Une fois le trajet enregistré, il apparaît dans une liste, avec une foultitude de données : conditions météo, profil de vitesse, de dénivelé, de puissance, de décharge de batterie, avec un tracé géographique indiquant les arrêts. Ultra-complet !
Et ce n’est pas fini car les trajets peuvent être exploités via Strava, et servir de référence pour créer un itinéraire (à exporter aussi si besoin), ou à l’importation d’un fichier gpx.
Plus utile pour notre vélo de ville électrique, l’application est capable de verrouiller l’assistance. Pas question ici de bloquer totalement l’engin, et encore moins d’alarme ou de géolocalisation en cas de vol.
Une assistance sur son 31 (km/h)
Par ailleurs, au sein de l’application, Mahle débloque un mode Smart, bien caché dans une des fenêtres lors d’un trajet. Il répond au nom de mode 4 sur l’écran, mais il s’agit bien d’un mode automatique qui s’adapte à plusieurs paramètres de pédalage.

Source : M. Lauraux pour Frandroid

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Par défaut, le moteur Mahle X30 ne possède que 3 niveaux d’assistance. Avec 40 Nm dans le moyeu arrière, le Montmartre Air peine un peu à décoller du bitume dans les premiers mètres, notamment en raison de sa monovitesse qui demande un minimum de cadence pour enclencher le tout.
Une fois lancé, le vélo électrique file vivement vers les 25 km/h, du fait de la légèreté. On dépasse d’ailleurs très facilement la limite de 25 km/h à la force des jambes, entre 25 et 30 km/h sur de belles portions plates voire 35 km/h sur un faux plat descendant sans trop forcer.
Au-delà, difficile de pédaler car on atteint la limite de cadence en raison de son système single-speed. Le moteur Mahle, quasiment silencieux, est agréable, doux, invite aux bonnes relances, mais manque de pêche en cote. Les 300 W de puissance maximale se sentent rapidement, il faut en rajouter dans les pédales pour grimper, surtout à Montmartre via la rue Lepic.
Confort très correct
Une fois rodés, les freins à disque hydrauliques fonctionnent sans coup férir. Ils offrent une excellente distance d’immobilisation. Légère est aussi la direction, malgré le cintre courbé. La position est ainsi ni trop sportive ni trop passive, c’est le juste équilibre.

Cela permet aussi de ne pas trop dépendre de l’amortissement d’un seul pneu, ou de la selle, tandis que la fourche filtre quelques vibrations. Objectivement, cela n’en fait pas un vélo électrique ultra confortable, mais on attendait pire vu le poids et l’absence de toute suspension.
Efficience record pour un vélo de ville électrique ?
La fiche technique ne paraît pas très avenante au premier abord. Avec ses 250 Wh de capacité, on s’attendait à une autonomie assez modeste. Et bien pas du tout ! Le Montmartre Air accélère bien plus facilement avec moins d’énergie, et permet de belles portions au-dessus de 25 km/h sans consommer le moindre électron (enfin, si l’on exclut les commandes ou l’éclairage).

Conséquence, le Mahle X30 de cet Origine devient le roi de notre comparatif des consommations de moteurs de vélo ! La consommation est ultra faible, à 4,8 Wh/km soit environ 52 km par charge. Ceci correspond au mode 3 (maximal), tandis que l’on peut facilement passer 75 km en mode 2. Une batterie externe de 185 Wh, en option, peut encore augmenter le périmètre d’action (soit 90 km en mode 3 environ).
Signalons que nos conditions de test printanières étaient mitigées (pluie, sec, et/ou vent, entre 12 et 16°C), avec une charge de 80 kg. Aussi, l’assistance ne se coupe pas à 0 % mais à 2 %, et laisse un minimum d’énergie pour alimenter l’éclairage ou l’écran.
Une recharge très rapide, mais une batterie fixe
Fixe et donc non inamovible, la batterie est à recharger uniquement sur le vélo. En raison du faible poids, il est possible de transporter facilement son vélo électrique dans un escalier, mais il est toutefois aussi encombrant qu’un vélo classique. Sinon, la recharge passe par une prise près du pédalier, qui rompt un peu avec la sobriété du VAE Origine.

Source : M. Lauraux pour Frandroid

Source : M. Lauraux pour Frandroid

Source : M. Lauraux pour Frandroid

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Mais on la voit peu, puisque le chargeur est rapide avec son intensité de 4A, de quoi recharger 80 % en 1h40, et faire le plein en 2h40, c’est super. Le suivi est aussi pratique, grâce au pourcentage de batterie sur l’écran ou l’application, ainsi que sur le voyant du cadre, tandis que le chargeur possède deux bandes lumineuses passant au vert lorsque la charge est terminée.
À partir de 3 000 euros, et en partie personnalisable
Assemblé en France, l’Origine Montmartre Air fait un peu payer ses charmes. Au prix de 2 979 € au plus bas, il grimpe à 3 460 euros environ dans notre configuration de test. Ce tarif varie donc beaucoup selon vos choix : 21 couleurs, équipement, cintre, potence, pneus, tige de selle, etc.

À réaliser sur le site officiel, la configuration – avec vos indications de taille et morphologie – est ensuite envoyée à la marque, qui promet une livraison en 4 semaines. La garantie du cadre est à vie, tandis que l’assistance et les autres composants hors usure offrent le minimum légal de 2 ans. Le SAV est assuré en interne, et comprend 400 partenaires pour l’entretien (non obligatoire, il est possible d’entretenir le vélo ailleurs ou soi-même).