
Depuis ses débuts avec la conduction osseuse, Shokz a progressivement imposé sa vision des écouteurs ouverts. Les OpenFit, puis les OpenFit 2 et 2+, ont perfectionné la formule du tour d’oreille à conduction aérienne, en offrant confort et sécurité pour les activités sportives. Mais un problème persistait : l’absence totale d’isolation phonique, qui rendait ces écouteurs inadaptés aux environnements bruyants, lorsqu’il n’est plus question de faire du sport mais d’écouter confortablement de la musique.
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Les OpenFit Pro entendent changer la donne. En intégrant pour la première fois une réduction de bruit sur un format ouvert — après qu’Apple ait surpris tout le monde avec ses AirPods 4 ANC —, Shokz tente de transformer ses écouteurs en compagnons polyvalents du quotidien. Et si la marque a également revu l’architecture sonore avec un nouveau transducteur à double membrane, c’est bien cette fonction de réduction du bruit qui intrigue le plus.

Après plusieurs semaines d’utilisation intensive — du jogging aux trajets en transport — j’ai pu évaluer si ces nouveaux écouteurs tiennent leurs promesses.
Shokz OpenFit ProSpécifications techniques
Ce test a été réalisé avec des écouteurs prêtés par Shokz.
Shokz OpenFit ProDesign : une touche premium bienvenue
Les OpenFit Pro conservent l’ADN visuel de la gamme tout en gagnant en raffinement. Le format tour d’oreille reste identique : une structure qui épouse l’oreille sans jamais pénétrer dans le conduit auditif. Mais dès la prise en main, on remarque l’effort de Shokz pour monter en gamme.
L’ajout d’éléments métalliques — autour du corps acoustique et sur le boîtier de charge — apporte une touche de sophistication bienvenue. Les surfaces alternent entre plastique mat et alliage nickel-titane, tandis que les zones de contact avec la peau conservent le silicone ultra-doux introduit sur les OpenFit 2. Cette matière propriétaire de Shokz, avec sa dureté bien dosée, procure un confort immédiat et durable.

La certification IP55 demeure et garantit une résistance suffisante à la transpiration et aux éclaboussures. Parfait pour le sport, mais pas question de nager avec (pour cela, Shokz propose l’OpenSwim Pro).
En revanche, ces améliorations ont un prix : les écouteurs pèsent désormais 12,3 grammes chacun contre 9,4 grammes pour les OpenFit 2. Le boîtier de charge grimpe aussi à 74 grammes contre 58 grammes. Sur le papier, cela peut inquiéter, mais en pratique, la différence reste imperceptible. La répartition du poids sur toute la structure du tour d’oreille absorbe efficacement cette masse supplémentaire.

Les crochets d’oreille en alliage nickel-titane offrent juste ce qu’il faut de flexibilité pour s’adapter à différentes morphologies sans exercer de pression excessive. Même portés plusieurs heures d’affilée — y compris avec des lunettes —, ils ne provoquent ni gêne ni fatigue auriculaire. Un bonnet ou un casque de vélo ne posent aucun problème non plus.
Petite attention appréciable : Shokz fournit des ailettes en silicone optionnelles qui permettent de réduire légèrement l’espace entre les écouteurs et le tour de l’oreille. De quoi améliorer encore la stabilité lors d’activités très intenses.

Le boîtier de charge, légèrement plus allongé et affiné que celui des OpenFit 2, abandonne le rangement superposé des écouteurs. Chacun dispose maintenant de son propre logement. La charge sans fil Qi est de la partie, un luxe absent sur les modèles antérieurs hormis les OpenFit 2+.
Enfin, Shokz fait le choix judicieux de conserver des boutons physiques plutôt que des commandes tactiles. Une décision bienvenue pour les activités sportives où la précision est essentielle. Chaque écouteur intègre un bouton multifonction facile à localiser au toucher.

Shokz OpenFit ProUn écosystème complet
La détection de port est intégrée aux OpenFit Pro. Grâce à un système hybride qui combine capteurs optiques et capacitifs — pour éviter des erreurs de détection pendant la pratique sportive — la lecture se met automatiquement en pause lorsqu’on retire un écouteur, et reprend dès qu’on le remet en place.

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L’application Shokz offre un contrôle complet des écouteurs. L’interface est claire et intuitive, affiche les niveaux de batterie des écouteurs et du boîtier. On y trouve également :
- Un égaliseur 10 bandes (contre 5 bandes sur les OpenFit 2+) pour une personnalisation précise du son
- Cinq préréglages audio : Standard, Vocal, Basses renforcées, Aigus renforcés, et Privé (ce dernier mode réduit les fuites sonores dans les hautes fréquences)
- Le contrôle de la réduction de bruit avec ajustement manuel du niveau
- L’activation du Dolby Atmos avec suivi des mouvements de tête (on y reviendra)
- La fonction « Localiser mes écouteurs »
- Les paramètres d’appairage multipoint
- L’activation de la détection de port
- Un mode faible latence pour le gaming et le visionnage de vidéos
- La personnalisation des commandes des boutons physiques (avec ajustement du volume possible)
La possibilité de créer des profils audio personnalisés constitue un vrai plus pour adapter le son à différents contextes d’écoute.

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La connexion Bluetooth 6.1 s’établit instantanément à l’ouverture du boîtier. La portée annoncée de 10 mètres se vérifie dans la pratique, et la stabilité de la liaison ne souffre d’aucun reproche, même en extérieur ou dans des environnements encombrés.
Les OpenFit Pro supportent l’appairage multipoint, pour connecter simultanément deux appareils. Pratique pour jongler entre smartphone et ordinateur portable.
Shokz OpenFit ProRéduction de bruit : une vraie surprise
C’est LA grande nouveauté des OpenFit Pro, et probablement leur argument de vente le plus intrigant. Comment réduire le bruit ambiant sur des écouteurs qui, par définition, laissent l’oreille complètement ouverte ?

Bien sûr, il ne faut pas s’attendre aux performances d’écouteurs fermés haut de gamme comme les Sony WF-1000XM5 ou les Bose QuietComfort Ultra Earbuds 2e gen. La physique impose ses limites : sans isolation passive, l’ANC ne peut pas créer de bulle de silence hermétique. Mais ce n’est d’ailleurs pas le but recherché.
Le résultat surprend pourtant agréablement. Dans un bureau avec des conversations en fond, les OpenFit Pro parviennent à atténuer sensiblement les voix parasites sans les faire disparaître complètement. Dans les transports en commun, les bruits de roulement et de ventilation s’estompent suffisamment pour rendre l’écoute musicale plus confortable. Ce n’est pas miraculeux, mais ça fonctionne clairement.
L’algorithme ajuste automatiquement l’intensité de la réduction en fonction du niveau sonore ambiant, mais on peut aussi intervenir manuellement via l’application pour forcer un niveau plus élevé ou plus léger.

La comparaison avec les AirPods 4 ANC d’Apple est inévitable. Les écouteurs d’Apple, avec leurs transducteurs plus proches du conduit auditif et une conception légèrement moins ouverte, offrent une atténuation du bruit très supérieure — mais on ne peut pas faire de sport avec eux sans qu’ils tombent. Ceci dit, le fait qu’une marque tierce comme Shokz parvienne à un résultat comparable sur un format tour d’oreille mérite d’être salué.
Dans les environnements très bruyants — rue passante, métro bondé, aéroport — l’efficacité reste évidemment limitée. Les OpenFit Pro ne remplaceront pas des écouteurs à isolation passive dans ces contextes extrêmes. Mais pour le quotidien — travail, sport en salle, déplacements urbains modérés —, ils apportent un confort indéniable.
Le revers de la médaille ? L’autonomie. Avec la réduction de bruit activée, les OpenFit Pro voient leur autonomie divisée par deux. Un écart conséquent qui oblige à faire des choix stratégiques : réserver la fonction aux moments où elle apporte vraiment un bénéfice. Cet écart énorme s’explique par le fait que pour annuler les bruits sourds, les transducteurs doivent produire des sons inversés à plus fort volume que des écouteurs classiques. De ce fait, l’amplification intégrée consomme beaucoup d’énergie.
Shokz OpenFit ProAudio : Shokz hausse clairement le niveau
Les écouteurs ouverts souffrent d’un handicap structurel bien connu : l’absence d’isolation du conduit auditif entraîne une déperdition massive des basses fréquences. Plus les fréquences sont graves — donc peu directives — plus elles s’échappent facilement dans l’air ambiant plutôt que de pénétrer efficacement dans le conduit auditif. Résultat : un son souvent maigre, dépourvu de profondeur et d’impact dans le bas du spectre.

Avec les OpenFit Pro, Shokz s’attaque frontalement à ce problème grâce à une architecture acoustique entièrement repensée. Fini le système à deux voies (woofer + tweeter) des OpenFit 2. Place à un transducteur unique de 11 × 20 mm équipé d’une double membrane : une membrane en aluminium PMI pour les aigus, une autre en silicone pour les basses. Cette technologie baptisée SuperBoost promet 50 % de basses supplémentaires par rapport à la génération précédente, et une extension en fréquence jusqu’à 40 kHz.
Notre courbe de mesure confirme grosso modo cette ambition. Dans le grave, la présence est en réalité perceptible jusqu’à 60 Hz, ce qui donne une sensation de profondeur qu’on ne retrouve absolument pas chez les concurrents, ainsi qu’une capacité d’impact dans le haut-grave (100 Hz) là aussi meilleure que les écouteurs des marques concurrentes.

Dans les graves (20-250 Hz), les OpenFit Pro font donc mieux que tous les écouteurs ouverts que nous avons testés jusqu’ici — et de loin. La remontée débute dès 100 Hz et culmine autour de 120 Hz avant de redescendre progressivement. Certes, on reste loin de la profondeur et de l’impact physique d’écouteurs fermés, mais la différence avec les modèles précédents est flagrante. Les lignes de basse ont du corps, les kicks de batterie possèdent une certaine consistance. Ce n’est pas explosif, mais c’est musicalement satisfaisant pour le format.
Les médiums (250 Hz – 2 kHz) présentent un profil globalement équilibré avec une légère atténuation entre 400 Hz et 1 kHz, puis une remontée progressive vers les hautes fréquences. Les voix bénéficient d’une belle intelligibilité. Elles ne paraissent ni nasales ni creuses, défaut fréquent sur les écouteurs ouverts d’entrée de gamme.
Les aigus (2 kHz et au-delà) montrent plusieurs pics de présence : un premier autour de 3,5 kHz (zone de présence vocale), un second vers 6-7 kHz (clarté et détails), et un dernier aux alentours de 12-15 kHz (brillance).
Une scène sonore aérée comme il faut
La scène sonore, l’un des points forts intrinsèques des écouteurs ouverts, se révèle vaste et aérée. Les instruments respirent, l’espace entre les différentes sources paraît naturel. Sur des enregistrements bien produits, l’impression de spatialité dépasse celle de nombreux intras fermés. Le Dolby Atmos avec suivi des mouvements de tête accentue cette sensation d’ouverture, même si l’effet reste modeste et ne révolutionne pas l’expérience.

En revanche, la dynamique et les micro-détails accusent le coup de la distance entre le transducteur et le tympan. Sur des morceaux très riches en nuances — jazz acoustique, musique classique, productions électroniques complexes —, on perd en subtilité par rapport à d’excellents écouteurs fermés. Les transitoires manquent de mordant, les variations de timbre s’estompent.
Mais replacés dans leur catégorie, les OpenFit Pro se hissent indéniablement au sommet. Shokz propose aujourd’hui le meilleur son des écouteurs ouverts grand public, toutes marques confondues. La restitution globale est équilibrée, cohérente, et suffisamment flatteuse pour satisfaire la majorité des auditeurs.
Impressions d’écoutes
« Espresso » de Sabrina Carpenter : le kick électronique possède une présence inhabituelle pour des écouteurs ouverts, donnant du punch au morceau. La voix de Sabrina Carpenter se détache avec clarté, les harmonies vocales restent distinctes dans le mix. Les synthés pétillent sans saturer. C’est crédible.
« Beautiful Things » de Benson Boone : la guitare acoustique sonne naturelle, avec une belle rondeur dans les cordes graves. La voix puissante de Boone trouve toute sa place dans les médiums, portée par une dynamique convaincante lors des montées. Les percussions en arrière-plan conservent leur définition. Pas mal du tout.
« Paint The Town Red » de Doja Cat : les basses électroniques bien présentes apportent le groove nécessaire, même si elles manquent de la profondeur viscérale d’écouteurs fermés. Le flow de Doja Cat reste parfaitement intelligible, et les différents éléments de production se superposent sans se mélanger.
« Cruel Summer » de Taylor Swift : la production synthpop étagée de Jack Antonoff profite de la scène sonore ouverte. Les nappes de synthés, la basse pulsante et les voix se répartissent agréablement dans l’espace. Le refrain énergique délivre suffisamment d’impact pour entraîner l’écoute.
« Vampire » d’Olivia Rodrigo : le piano et la voix du début bénéficient d’une belle intimité. Quand la production explose au refrain avec batterie et guitares saturées, les OpenFit Pro gèrent correctement la densité sonore sans compression excessive ni durcissement des timbres.
Shokz OpenFit ProAppels : une clarté vocale exemplaire
La qualité des appels téléphoniques constitue souvent le talon d’Achille des écouteurs True Wireless. Sur les OpenFit Pro, Shokz a fait de ce point un axe d’amélioration majeur.
Chaque écouteur intègre un système de trois microphones couplé à un algorithme de traitement vocal dopé à l’intelligence artificielle. Selon Shokz, cette configuration permet de réduire jusqu’à 99 % des bruits parasites tout en préservant la clarté de la voix.

Dans des conditions calmes — bureau tranquille, domicile — mes interlocuteurs n’ont détecté aucune différence notable avec un appel téléphonique standard. La voix passe avec naturel, sans compression excessive, ni artefacts audibles.
L’environnement urbain complique évidemment la donne. Rue passante, transports en commun, café animé… les OpenFit Pro se débrouillent remarquablement bien malgré le niveau sonore élevé. Le système de réduction de bruit vocale parvient à isoler efficacement la voix des bruits de fond, même si ces derniers ne disparaissent pas totalement.

Shokz annonce également une technologie anti-vent capable de maintenir une clarté d’appel jusqu’à 25 km/h. Cela fonctionne et pourrait être utile si vous êtes capable de passer un appel en courant ou à vélo. Mais en bord de mer ou lorsque le vent varie beaucoup, il n’y aura pas de miracle.
Shokz OpenFit ProAutonomie : l’éternel compromis
L’autonomie des OpenFit Pro dépend beaucoup de l’activation ou non de la réduction de bruit. C’est le prix à payer pour cette fonctionnalité novatrice.
Sans réduction de bruit : Shokz annonce 12 heures d’écoute sur une charge des écouteurs, et jusqu’à 50 heures au total avec le boîtier de charge. Mes tests confirment ces chiffres. À volume moyen (environ 60-70 %), les écouteurs tiennent effectivement entre 11h30 et 12h30 selon le contenu écouté. Aussi, à mi-volume, les 12 heures sont assurées.

C’est une excellente autonomie pour des écouteurs True Wireless, qui permet d’envisager plusieurs jours d’utilisation normale sans recharger.
Avec réduction de bruit activée : l’autonomie chute à 6 heures environ sur les écouteurs et 24 heures avec le boîtier. Soit exactement la moitié. Cette baisse drastique s’explique par la consommation des algorithmes de traitement en temps réel et des trois microphones mobilisés en permanence.
Six heures restent honorables et suffisantes pour une journée de travail classique, mais on aurait aimé un peu plus de marge. D’autant que les environnements où la réduction de bruit se révèle utile sont souvent ceux où on passe le plus de temps : bureau, transports quotidiens, activités en salle…

La charge rapide compense partiellement cette limitation : 10 minutes branchées suffisent pour récupérer 4 heures d’écoute (lorsque les écouteurs sont à plat).
Shokz OpenFit ProUn positionnement premium mais raisonnable
À 249 euros, les Shokz OpenFit Pro se placent au sommet de la gamme de la marque et du marché des écouteurs ouverts. C’est 50 euros de plus que les excellents OpenFit 2+ (199 euros), et un positionnement nettement supérieur à celui de concurrents directs comme les Huawei FreeClip 2 (199 euros) ou les Bose QuietComfort Ultra Open (200 euros environ).
Ce tarif premium se justifie par des apports concrets : réduction de bruit fonctionnelle, qualité sonore significativement améliorée avec le meilleur rendu audio du segment, égaliseur 10 bandes, détection de port automatique, Bluetooth 6.1, charge sans fil, et finitions métalliques.
Face aux Huawei FreeClip 2, vendus 50 euros moins cher, les OpenFit Pro se démarquent clairement sur le plan acoustique — le format tour d’oreille de Shokz offrant intrinsèquement de meilleures performances sonores que le format clip-on. L’ajout de l’ANC, absent chez Huawei, renforce encore l’écart.
Dans l’entrée de gamme, les Anker Soundcore AeroClip (119 euros) et Motorola Buds Loop (129 euros) jouent dans une catégorie inférieure, avec une qualité audio moins convaincante.
Shokz OpenFit Pro
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