En cette période, rien de tel que de faire un petit bilan des tendances de l’année 2025 et de celles qui devraient marquer 2026 concernant le marché des vidéoprojecteurs.

Qu’ils soient à focale classique (à placer proche de soi) ou à ultra courte focale (à installer à seulement quelques centimètres du mur ou de l’écran), les vidéoprojecteurs entrent clairement dans une nouvelle phase de leur histoire : en 2026, la compacité devient la priorité, sans renoncer à la grande image ni à la montée en gamme sur la luminosité.

Xgimi Vibe One // Source : Xgimi

Non seulement les vidéoprojecteurs à focale classique sont de plus en plus petits, mais ceux qui sont à ultra courte focale jusqu’ici représentés par des gros blocs de 50 à 60 cm de large laissent peu à peu la place à des appareils deux fois plus compacts, capables de projeter jusqu’à 100 ou 150 pouces à seulement quelques centimètres du mur. Pour autant, cette miniaturisation ne s’accompagne pas nécessairement d’une baisse de la luminosité, vrai élément clé du marché.​

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La nouvelle obsession : la compacité

En 2025, une tendance de fond s’est imposée sur le marché des vidéoprojecteurs, et particulièrement sur les modèles à ultra courte focale : tout devient plus compact, plus facile à intégrer, plus discret au quotidien. Là où les premiers modèles UST (Ultra Short Throw) occupaient la largeur d’un meuble TV avec des formats de l’ordre de 50 à 60 cm, on voit désormais arriver des appareils qui tournent autour des 30 cm, avec une profondeur tout aussi réduite, et en conservant l’ambition de remplacer un grand téléviseur au salon.​

Le Hisense PX3-Pro en action avec ses 55 cm de largeur et 30 cm de profondeur // Source : Hisense

Cette compacité répond à une critique récurrente adressée aux vidéoprojecteurs qui se veulent « remplaçants » des téléviseurs : une fois éteint, un TV reste un plus ou moins grand rectangle noir parfois jugé disgracieux dans un intérieur, alors qu’un vidéoprojecteur ultra courte focale compact se résume à un petit bloc posé sur le meuble, presque décoratif lorsqu’il n’est pas utilisé.

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L’idée est simple : prendre moins de place visuelle et physique, tout en continuant à offrir des diagonales spectaculaires, au-delà des 100 pouces, dans des salons qui n’ont pas forcément été pensés pour accueillir une salle de cinéma dédiée.​

LG Cinebeam S PU615U // Source : LG

Ultra courte focale : le cinéma à 15 cm du mur

Rappelons le principe d’un appareil ultra courte focale, car depuis plusieurs mois maintenant, il bouscule sérieusement les habitudes des vidéoprojecteurs classiques et devient une alternative très intéressante. Au lieu d’être placé derrière le canapé ou suspendu au plafond, le projecteur prend place juste devant le mur ou, mieux, devant un écran dédié, à une distance généralement comprise entre 15 et 20 cm seulement.​

JMGO O2S Ultra // Source : JMGO

Techniquement, l’appareil projette l’image vers le haut, en très grand angle, puis corrige tous les parallélismes pour restituer une image parfaitement rectangulaire et nette. Ce travail optique et logiciel est désormais très bien maîtrisé sur la majorité des modèles, au point que l’usage au quotidien se rapproche d’un TV : on pose le projecteur, on le règle une fois et, dans l’idéal, on ne le touche plus pour une expérience optimale.

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Des boîtiers deux fois plus petits

La nouveauté majeure observée dès le CES 2025, et appelée à se renforcer en 2026, concerne la taille des boîtiers. Là où les ultra courte focale ressemblaient encore récemment à des barres massives relativement profondes (30 à 35 cm environ, selon les modèles), certains constructeurs ont présenté des modèles qui se contentent d’environ 30 cm de largeur, pour une vingtaine de centimètres de profondeur seulement. Dans un salon, cela signifie qu’on peut les installer sur des meubles moins profonds car n’oublions pas qu’il faut compter sur l’espace de recul, même si celui-ci fait 20 cm environ au maximum pour une très grande image projetée.

La comparaison avec la main du JMGO O2S Ultra (photo ci-dessous) permet de saisir le changement de gabarit : on est désormais sur des produits que l’on peut soulever facilement, presque comme une enceinte compacte, même si l’idée n’est pas d’en faire des projecteurs nomades que l’on déplace tous les jours.

Le vidéoprojecteur ultra courte focale JMGO O2S Ultra // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

L’usage au quotidien : un objet discret à entretenir

Une fois installé et réglé, le vidéoprojecteur ultra courte focale compact est pensé pour rester sagement posé sur le meuble TV, presque comme un objet de décoration technologique. Le principal entretien à prévoir est finalement très prosaïque : la poussière, qui a tendance à se déposer sur la vitre ou la surface de projection du projecteur, et qui peut ternir progressivement l’image si l’on ne passe jamais un coup de chiffon.​

Hisense PX3-Pro // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Ce détail rappelle que, malgré leur design plus chic et leur volonté de remplacer un téléviseur, ces appareils restent des systèmes optiques sensibles à leur environnement. Une pièce peu entretenue, une circulation importante de poussières ou un ménage trop rare peuvent effectivement dégrader le rendu de la luminosité et du contraste, incitant à intégrer ce nettoyage léger dans la routine d’utilisation, au même titre qu’on nettoie une dalle de TV ou un écran d’ordinateur.​

Les premiers modèles compacts : JMGO et Yaber en éclaireurs

La vague de compacité ne sort pas de nulle part : elle a commencé à se matérialiser dès le CES 2025 avec des constructeurs comme Yaber ou JMGO. Yaber, notamment, a mis en avant un modèle ultra courte focale très compact, le K300s, repéré sur le salon, qui affichait d’emblée ce nouveau gabarit réduit autour de 30 cm de largeur, sans renoncer à une grande image et à un positionnement relativement ambitieux, sans oublier son prix plutôt abordable car annoncé à moins de 1000 dollars (en Full HD).

Yaber K300s, un modèle ultra courte focale Full HD très compact // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

JMGO a aussi présenté lors du salon à Las Vegas en janvier dernier un modèle ultra courte focale Ultra HD, cette fois, même s’il s’agit d’une image simulée, poussant tout aussi loin la logique sur le plan de la taille. Outre sa très forte luminosité (3600 lumens annoncés) et sa totale compatibilité avec les formats HDR les plus récents, là encore, on est sur un appareil d’une vingtaine de centimètres seulement, ce qui le rapproche davantage d’un projecteur compact que des boîtiers UST traditionnels que l’on connaît depuis quelques années.

JMGO O2S Ultra // Source : JMGO

Ces deux marques, très offensives sur le marché chinois et de plus en plus visibles à l’international, jouent un rôle de laboratoire pour cette miniaturisation.​​ Le O2S Ultra a mis un peu de temps à arriver en France mais finalement, nous avons pu le tester.

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Hisense et les géants prêts à suivre

Au-delà de ces acteurs plus récents, les géants du secteur ne restent pas spectateurs. Hisense, pionnier de l’ultra courte focale qui s’est imposé comme l’un des leaders sur ce segment de marché, travaille lui aussi sur des prototypes plus compacts, montrés en privé ou sous forme d’avant-premières, avec l’idée de mettre sur le marché des produits aboutis dès 2026.​

Hisense Laser TV 4K Ultra Slim // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

L’objectif reste identique : proposer un « petit » appareil posé devant le mur, qui disparaisse visuellement lorsqu’il est éteint, tout en délivrant une image qui dépasse largement les diagonales accessibles sur un téléviseur classique.

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Les fabricants évoquent ainsi des diagonales de 100, 130, voire 150 pouces, de quoi offrir un vrai spectacle de cinéma à la maison, à partir d’un boîtier qui n’occupe guère plus de place qu’une enceinte connectée un peu large.​

Une grande image sans compromis de taille

Le bénéfice le plus évident de cette nouvelle génération de projecteurs compacts reste la taille de l’image. Même en réduisant la largeur et la profondeur du boîtier, les constructeurs continuent de promettre des diagonales XXL, souvent au-delà des 100 pouces, avec des valeurs qui grimpent jusqu’à 130 ou 150 pouces dans certains cas.​

Cette évolution pose directement la question de l’intérêt de conserver un très grand TV, alors que ces projecteurs peuvent proposer un rendu similaire, voire plus immersif, pour un encombrement visuel bien moindre quand ils sont éteints. Pour autant, l’équation n’est pas parfaite et repose sur un paramètre décisif que la compacité, à elle seule, ne peut résoudre : la luminosité.​

Le vrai sujet : la luminosité

La grande leçon de 2025 et la vraie clé de lecture pour 2026, c’est que la compacité ne fait pas exploser les prix à elle seule : ce qui coûte cher, c’est la luminosité. Le parallèle avec les téléviseurs est évident : plus un téléviseur est lumineux, plus il devient coûteux, parce que l’on demande aux composants d’envoyer davantage de « pêche » lumineuse pour percer dans une pièce éclairée.​

JMGO O2S Ultra // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Sur les vidéoprojecteurs, le phénomène est encore plus marqué. Un modèle à focale classique d’entrée de gamme, que l’on trouve autour de 100 à 200 euros, offre en général une luminosité très limitée, qui impose de plonger la pièce dans le noir complet pour espérer une image agréable.

À l’autre extrémité, des modèles à 1500, 2000, voire 3000 euros montent beaucoup plus haut en luminosité, permettant de profiter d’un grand écran même avec un peu de lumière ambiante, ce qui change complètement l’expérience dans un salon.​

Pourquoi la luminosité fait exploser les coûts

La raison de cette montée des prix est simple : produire plus de lumière, de façon stable et uniforme, demande des sources lumineuses plus puissantes, plus sophistiquées mais aussi plus complexes à maîtriser, qu’il s’agisse de laser, de LED ou d’hybrides, ainsi qu’une gestion thermique à la hauteur. Les composants doivent être capables de tenir dans le temps, sans dérive rapide de la luminosité ni risque de surchauffe, ce qui implique une conception plus complexe et plus coûteuse.​​

Bloc optique d’un vidéoprojecteur Hisense // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Cette contrainte explique aussi pourquoi les picoprojecteurs ou les minuscules projecteurs intégrés à certains smartphones restent des curiosités technologiques plutôt que de véritables solutions de home cinéma. Leur luminosité est trop faible pour offrir une expérience immersive dans un salon, surtout à de grandes diagonales, et ne délivre pas cette sensation de « spectacle » que l’on attend d’un remplaçant crédible au téléviseur.​

Jusqu’où peut aller la compacité ?

Se pose alors la question des limites de la miniaturisation : jusqu’où peut-on réduire la taille d’un vidéoprojecteur sans sacrifier la luminosité, donc l’usage au quotidien ? Techniquement, les constructeurs peuvent aller très loin vers le compact, comme le démontrent les picoprojecteurs ou les solutions mobiles ultra légères, mais ces appareils font immédiatement des compromis drastiques sur la puissance lumineuse.​

Sur un projecteur pensé pour remplacer un TV dans un salon, la marge de manœuvre est donc plus restreinte. Les fabricants doivent trouver un point d’équilibre entre une taille raisonnable et un niveau de luminosité suffisant pour que l’image reste convaincante avec un minimum de lumière d’ambiance, sans obliger à vivre en permanence dans le noir complet. En 2026, l’enjeu sera précisément d’affiner ce compromis, avec des boîtiers de plus en plus petits, mais qui continuent à délivrer une image lumineuse et contrastée.​

Outre la luminosité, et pour être le plus complet possible, n’oublions pas une autre caractéristique de l’image : le contraste. En effet, c’est la bête noire des vidéoprojecteurs. Impossible d’éteindre une partie de l’image afin de produire des noirs parfaits comme savent en faire les téléviseurs OLED, en particulier. Alors, les ingénieurs proposent des technologies toujours plus innovantes pour atténuer au maximum les noirs à l’image avec des résultats plus ou moins probants, les meilleurs étant, malgré tout, obtenus dans des conditions de visionnage les plus sombres possibles.

2026 : vers une déferlante de modèles compacts

Si 2025 a permis à seulement deux ou trois fabricants de proposer des ultra courte focale à la fois compacts et plus ou moins lumineux, 2026 s’annonce comme une année de multiplication des références. Davantage de marques devraient effectivement tenter de combiner gabarit réduit, belle luminosité et grandes diagonales, afin de séduire ceux qui hésitent encore à remplacer leur TV par un projecteur.​

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Cette déferlante attendue s’explique aussi par la maturité croissante des technologies laser et LED, ainsi que par l’intérêt des constructeurs chinois, très agressifs sur ce segment, pour le marché mondial du home cinéma. Après quelques pionniers, les segments des ultra courte focale et des focales classiques compacts, voire lifestyle, pourraient donc devenir un nouveau standard de gamme, avec des modèles qui se différencient moins par la taille que par la qualité d’image, la gestion du HDR, le rendu des couleurs ou les fonctions connectées.​​

Les grands rendez-vous : CES et IFA en ligne de mire

Les principaux temps forts pour découvrir ces nouveaux modèles restent les grands salons internationaux. Historiquement, le CES de Las Vegas, organisé début janvier, est le rendez-vous central pour tout ce qui touche à l’image, au son et, plus largement, à l’électronique grand public. C’est là que les fabricants dévoilent habituellement leurs gammes de téléviseurs et de vidéoprojecteurs pour l’année, avec des stands où les ultra courte focale occupent une place de plus en plus visible.​​

Source : CTA

L’IFA de Berlin, à la rentrée, joue un rôle de « queue de comète », avec quelques annonces complémentaires, parfois des déclinaisons européennes ou des produits gardés sous le coude pour ne pas tout dévoiler en janvier. Entre les deux, le MWC de Barcelone, très axé sur la mobilité et les smartphones, n’a quasiment aucun rôle sur le segment des vidéoprojecteurs, qui reste centré sur le CES et, dans une moindre mesure, l’IFA. C’est donc principalement en janvier que se dessine la physionomie du marché pour l’année.​

Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Déjà vers la fin des grands TV au salon ?

Avec ces vidéoprojecteurs ultra courte focale de plus en plus compacts et lumineux, la question de fond revient : faut-il investir dans un téléviseur géant, un segment de marché pourtant très large, poussé par toutes les marques TV, ou bien ces projecteurs peuvent-ils réellement prendre la relève ? Pour beaucoup, l’idée de se débarrasser d’un immense rectangle noir au mur, au profit d’un petit bloc discret sur le meuble, a de quoi séduire, surtout si l’on récupère au passage une image encore plus grande.​

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La réponse, en 2026, dépendra largement de l’équilibre entre compacité, luminosité, contraste et prix. Si les constructeurs parviennent à proposer des modèles suffisamment lumineux pour s’intégrer dans un usage quotidien, dans un salon partiellement éclairé, sans faire exploser les tarifs, les ultra courte focale compacts auront de solides arguments pour bouleverser les habitudes.

En attendant, une chose est sûre : la prochaine grande bataille des vidéoprojecteurs ne se jouera pas seulement sur la taille de l’image, mais sur la capacité à faire tenir un véritable home cinéma dans un boîtier toujours plus petit, sans sacrifier l’expérience.

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